Au Sud du Sphinx ***

Publié le 31 Mai 2009

Au Sud du Sphinx, de Jean Claude Morellet

Genre: Roman d'aventure
Lieu et époque: Egypte, 6e siècle avant J-C, 7e siècle après J-C, de 1936 à 1945 et 2002.

Au titre du livre, j'aurais pensé être en présence d'un roman se déroulant dans l'Egypte antique, à la manière des Christian Jacq que je dévorais adolescente. En réalité, il s'agit d'un roman sur le désert bien plus que sur chacun des personnages que l'on y rencontre. Il y est férocement magnifique, cruellement fantastique. Il y a quelque chose d'irréel dans ces étendues de sable à perte de vue, dans ces dunes instables et pourtant infranchissables. Les personnages en font les frais, et le lecteur est emporté avec eux dans ces paysages d'ocre et de soif, à les voir lutter contre ces forces de la nature et les mystères du passé. Comme si le désert révélait ce qu'il y avait de mieux ou de pire en l'homme, courage et sentiments, mais aussi tromperies et lâcheté sont présents dans ce roman où les nombreux personnages ont en commun la même envie féroce de vaincre le désert. C'est peut-être ce qu'on peut reprocher à cet ouvrage d'ailleurs, car à mesure que le désert prend sa place centrale, les personnages se retrouvent rejetés à la périphérie et l'on finit par s'en désintéresser presque complètement, fascinés par la beauté hypnotique des paysages qu'ils traversent, même si, honnêtement, on ne comprend pas toujours leur façon de procéder dans le franchissement des dunes. Il faut probablement être davantage scientifique que je ne le suis pour la saisir pleinement.
En somme, un roman d'aventure fort agréable à lire, à conseiller aux amoureux du désert. Pour les autres, une découverte à faire si le coeur vous en dit. 


4e de couverture :
Au coeur du désert égyptien, deux pistes convergent vers le trésor du souverain perse Cambyse. En 1937, Sarah, Hans et Peter partent explorer les dunes cathédrales. En 2002, Jules et Chaya se lancent sur les traces du trio. Qui a tué qui? Qui a aimé qui... à en mourir? Est-ce par amour ou par défi que certains vont s'abîmer dans les mers de sable ?

Extrait:
1938 ou 1939 - Dâkhla...
Aujourd'hui, mon cher journal, je veux marquer une pause et te parler du sable. Un peu celui du rapport que je viens de lire à Hans et Peter, et que nous avons commenté ensemble. Mais d'abord le vrai, celui qui traverse le sablier du temps, rythme le commencement et la fin des mondes, a décidé du sort des Perses et tranchera le nôtre.
Le grain, c'est le caviar de la dune. On en trouve autant de variétés que d'oeufs d'esturgeons. Je connais le quartz, le gypse, le calcaire. Le blanc,le jaune, l'orange, le blond, le doré, le rose, le grenat même, et aussi le gris, le noir, l'argent qui brille comme du métal. Le rugueux qui lisse le pied nu, le rond lisse roulé par l'eau et le rond mat tourné par le vent. Ce grain, je voudrais être poète pour raconter la volupté de ses jeux avec la lumière, la palette chromatique de l'aube et celle du crépuscule sur les dunes. Aveugle, pour mieux vibrer de la sensualité de son toucher, au chant du vent qui le transporte. 



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