Adultères ***

Publié le 24 Mai 2009

Adultères, de Woody Allen

Genre: Théâtre
Lieu et époque: New York, époque actuelle

Ah, Woody Allen! Il a beau ressasser les mêmes thèmes à l'infini (la bourgeoisie new-yorkaise c'est presque une obsession chez lui!), on y trouve encore du charme. Et bien oui, car voir ces hommes et femmes socialement bien sous tous rapports, qu'on imagine cravatés et emperlées, perdre leur vernis de bienséance pour s'envoyer des méchancetés en travers de la figure, c'est toujours hilarant, pour le plus grand bonheur du lecteur... ou du spectateur, puisqu'il s'agit de théâtre. A quand une mise en scène sympathique de ces pièces sur Paris ?


4e de couverture:
Woody Allen brûle les planches ! Avec ses trois pièces, il met en scène les états d'âme de la bourgeoisie new-yorkaise. Infidèles et trompeurs, ses personnages aussi chics à la ville que lâches dans l'intimité de leurs luxueux appartements se trouvent confrontés à la révélation de leurs plus troublants secrets.

Extrait:

PHYLLIS:
Et que s'est-il passé ? Qui a le premier tripoté l'autre ?

CAROL:
Cela ne s'est pas du tout passé comme ça. Il s'est approché de moi...je regardais le feu d'artifice... et il m'a glissé à l'oreille: "tu pourrais déjeuner avec moi la semaine prochaine, sans rien dire à Phyllis?" Imagine, j'ai été un peu surprise.

PHYLLIS:
J'en suis sûre. Et tu as sans doute commencé illico à mouiller...

CAROL:
J'ai demandé: "Pourquoi?" Il a répondu qu'il avait besoin de ma collaboration.

PHYLLIS:
Et où est-ce que j'étais, moi, pendant qu'on jouait à Roméo et Juliette ?

CAROL:
Tu avais embarqué manu militari tout un groupe dehors sur la terrasse se cailler en regardant le feu d'artifice. Et Howard était à la cuisine en train de noter la recette des Stein pour du baba ghanoush.

PHYLLIS:
Oui... je me souviens... ton mari venait de s'inscrire à un cours de cuisine et on était tous très fiers de lui.

CAROL:
Alors j'ai demandé: "besoin de ma collaboration? en quoi?" et Sam a répondu: "c'est bientôt l'anniversaire de Phyllis... aide-moi à lui trouver quelque chose... de spécial."

PHYLLIS:
Et ça l'a été, mes amis!

CAROL:
Et donc le jeudi suivant on a déjeuné ensemble à son club et réfléchi à des cadeaux. Et après manger, on a fait les magasins... je me rappelle qu'on est passé chez Bergdorf, Tiffany, James Robinson et pour finir, chez cet antiquaire de la 1e avenue, une boutique minuscule, où on a trouvé de superbes boucles d'oreilles Art Déco ... des diamants avec de petits rubis...

PHYLLIS:
Je les connais, je t'ai vu les porter.

CAROL:
J'étais estomaquée. Il les a achetées, on est ressortis et là, il m'a tendu l'écrin et il a dit: "Tiens, j'ai une folle envie de toi".

PHYLLIS:
Et qu'est ce que tu as dit ?

CAROL:
J'ai dit: "Wao...une seconde...on était venus acheter un cadeau pour Phyllis... si j'accepte, il faut au moins qu'on déniche un truc pour elle."

PHYLLIS:
Merci. Tu es un ange. Et du coup, je me suis retrouvée avec ces horreurs de bougeoirs en argent.

CAROL:
Ils ont coûté une fortune.

PHYLLIS:
C'est des bougeoirs de vieille... un truc à offrir à la fée Carabosse! Et naturellement cela ne t'a pas effleuré de dire: " Phyllis est ta femme et je suis son amie..."

CAROL:
Je peux t'expliquer pourquoi ?...

PHYLLIS:
Je sais pourquoi petite pétasse... parce que dès l'instant où ton chemin a croisé celui de Sam, tu t'es dit: "je me le croque!"



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Edelwe 26/05/2009 21:20

J'aime beaucoup l'humour de W.Allen (Ah, Tout le monde dit I love you...génial!). Je note!