Minuit dans le jardin du bien et du mal ***

Publié le 8 Avril 2009

Minuit dans le jardin du bien et du mal,
de John Berendt


Genre: roman
Lieu et époque: Savannah, années 80.

Quel drôle de livre! L'histoire, que l'on aurait du mal a raconter tant elle est décousue, sert uniquement d'alibi à peindre des personnages plus extravagants les uns que les autres, tous attachants à leur manière. C'est comme si ce roman était en réalité un recueil de nouvelles entrelacées. On peut donc lui reprocher le manque de trame, d'histoire construite autour d'un personnage, ou même de quelques  personnages principaux. Or, il n'y a pas de personnages secondaires, tous tiennent une place primordiale, chacun avec leur caractère, leurs défauts, leur façon de voir la vie. Une sorte de tableau haut en couleur, d'une ville traditionnelle et pourtant extrêmement vivante. Comme si de l'apparent immobilisme naissaient par contraste les personnages les plus originaux qui soient, paradoxe ô combien réjouissant.


4e de couverture:

Découvrant un jour qu'un week end dans le Sud ne coûte pas plus cher qu'un dîner dans un grand restaurant new-yorkais, John Berendt débarque en touriste à Savannah. La ville qu'il découvre l'ensorcelle. Il ne la quittera guère durant cinq ans.
Alanguie et patricienne, snob et stridente "la plus belle et la plus violente cité d'Amérique du nord" lui offre la plus extravagante galerie de personnages qu'un écrivain puisse rêver. Dans ses squares fleuris, un vieillard promène un chien mort depuis vingt ans. Un inventeur s'acharne à rendre les poissons rouges fluorescents. Un pianiste fou et une drag-queen volcabique électrisent les habitants...
Et pendant ce temps, le procès d'un fastueux antiquaire, meurtrier de son amant, ne cesse d'alimenter cette éblouissante et scandaleuse chronique.

Extrait:
L'un dans l'autre, si un sondage avait été effectué à Savannah dans les premières semaines après le meurtre, il aurait vraisemblablement montré que le public s'attendait à ce que les poursuites soient abandonnées, selon toute apparence, il s'agissait d'un cas de légitime défense, au pis, d'un crime passionnel commis sous l'impulsion du moment. Les affaires de ce genre se réglaient en général sans difficulté surtout lorsque l'accusé était riche, extrêmement respecté et sans casier judiciaire. Les Savahanniens le savaient fort bien, dans les cas semblables où les suspects avaient le bras long, ils n'avaient pas été poursuivis, alors même que leur culpabilité semblait évidente. L'une des plus pittorresques de ces histoires était celle d'une célibataire de la bonne société; elle prétendait que son amant s'était tiré un coupe de revolver alors qu'il était assis dans le salon. Elle avait "trouvé" le corps, nettoyé et rangé le revolver, puis embaumé le cadavre avant d'appeler la police.
"Oh, Jim Williams va probablement s'en tirer, disait Prentiss Crowe, un aristocrate de Savannah, mais il lui faudra encore affronter quelques problèmes. Le fait qu'il ait tué ce garçon - je veux dire celui-là précisément- provoquera sans aucun doute un certain ressentiment. Danny Hansford étaitn à ce que tout le monde dit, un gigolo accompli, très bon dans sa partie et fort apprécié tant par les hommes que par les femmes. l'ennui est que tous les intéressés n'avaient pas encore eu leur part. Bon nombre d'hommes et de femmes attendaient leur tour. Maintenant que Jim l'a tué, leurs espoirs se sont bien sûr envolés. Ils lui en voudront naturellement, et c'est ce que j'entends par "ressentiment". Danny Hansford passait pour être une bonne affaire... une bonne affaire que tous n'ont pas faite."


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Sourifleur 29/12/2009 14:17


c'est la première fois que je rencontre ce livre dans la blogosphère. Je l'ai lu, il y a une quinzaine d'années et malgré son caractère assez atypique, j'ai bien aimé cette galerie de personnages
hors du commun ainsi que leur histoire(s)


Edelwe 13/05/2009 21:30

J'avais remarqué l'affiche du film et ça ait longtemps que j'ai envie de le lire.