Actrices ***

Publié le 2 Mars 2009

Actrices, de Valeria Bruni Tedeschi

Genre: Drame
Lieu et époque : Paris, époque actuelle


Parce que je suis sensible aux histoires de théâtre, de la dualité entre la scène et la vie réelle, j'ai aimé cette histoire de femme torturée par son absence de maternité, par cette obsession qui la dévore, courant après la fuite inexorable du temps et le tic-tac sans cesse plus fort et plus fragile de son horloge biologique. Néanmoins, j'émettrais quelques réserves au sujet de ce film : la séparation entre ce que Marceline vit réellement et ce qu'elle imagine n'est pas claire, et du coup, parfois, le spectateur est confus, il ne sait plus vraiment ce qui est réellement arrivé, et il en perd le fil de l'histoire. Peut-être est-ce pour mieux atténuer la frontière entre fiction et réel, de même que les acteurs s'adressent les uns aux autres en utilisant les noms de leurs personnages, de la même façon qu'au théâtre on imagine des choses pour jouer avec, Marceline dialogue avec les morts, avec les vivants, vieux amis qui lui rappellent ses espoirs et sa vie passée. Pour elle, vie et théâtre sont inséparables. Voilà pourquoi elle peine à trouver son personnage sur scène, voilà pourquoi elle en oublie même des évidences, lorsque se ruant chez son médecin, n'étant toujours pas enceinte, cette dernière lui répond : "Mais mademoiselle, avez-vous un père pour cet enfant?". Non. elle n'en a pas, elle qui ne semble plus pouvoir aimer qui que ce soit, sauf un petit bout d'homme qui lui appartiendrait vraiment. Un film émouvant, donc, mais qui en déconcertera sans doute certains, de par la frontière volontairement floue entre réalité et fiction.

Résumé :
Comédienne hantée par son rôle de Nathalia Petrovna, l'héroïne de la pièce de Tourguéniev Un Mois à la campagne qu'elle répète difficilement, Marcelline tente de noyer ses angoisses dans une piscine sur un air de Glenn Miller. Mais rien n'y fait. Rien n'empêche le temps de courir et de lui imposer ses quarante ans et toujours pas d'enfant. Perpétuellement étonnée par le monde qu'elle regarde comme si elle n'en trouvait pas la clé, Marcelline cherche pourtant sans relâche à communiquer avec tous ceux qui l'entourent.
Mais qu'est-ce qui pourra réellement aider Marcelline à comprendre ce qu'elle fait sur terre ? La Sainte-Vierge avec laquelle elle négocie, le fantôme magnifique de son père assis sur un joli canapé, le regard toqué de sa mère qui aime se promener en barque ou tout simplement un baiser reçu un soir du plus jeune des jeunes premiers ?
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