Chateaubriand aujourd'hui ***

Publié le 24 Février 2009

Chateaubriand aujourd'hui,
entretiens de Christophe Penot
avec 10 spécialistes.

Genre : entretiens, biographie

L'ennui avec ce type de sujet : un personnage historique, une époque, un courant, un pays, c'est que lorsqu'on n'y connaît pas grand-chose, aborder le sujet via les spécialistes est difficile. D'abord on peine à reconstituer l'aspect historique, qu'on sent pourtant foisonnant, et puis la vie de l'écrivain, aussi. Dans quel ordre les événements cités sont-ils précisément arrivés? Enfin, lorsqu'on n'a lu aucun des ouvrages de l'auteur dont il est question, les choses se corsent. C'est donc vaillamment que je me suis attelée à cet ouvrage, avec l'envie féroce d'apprendre, freinée uniquement dans mon élan par ma propre ignorance. Au final, le style est un peu lourd, il faut vraiment être concentré pour comprendre ce qui s'y raconte, les références sont nombreuses, et il faut une culture générale plus que solide pour comprendre l'intégralité de ce qui se dit, mais on apprend beaucoup de choses.

4e de couverture:
Qu'a-t-il encore à nous dire, cet homme qu fut sans doute le plus grand écrivain de France ? Qu'a-t-il à confier, qu'a-t-il à promettre aux générations qui se lèvent, à ceux qui s'inquiètent et ceux qui l'admirent?...
A ces questions comme à bien d'autres, des académiciens, des romanciers, des universitaires répondent. Pour la première fois de l'histoire littéraire, au cours d'entretiens érudits, libres et drôles, ceux qui en sont les meilleurs spécialistes racontent Chateaubriand, son génie et son oeuvre. Ils le montrent au travail, ils le suivent sur les mers. Il le présentent sans masque, gentilhomme breton, chrétien, pamphlétaire et ministre - et ses haines, et l'orgueil, les dettes, le rêve, l'amour et les femmes... En somme, Chateaubriand, aujourd'hui, est vivant ! Il nous parle ! Ce livre, qui commémore aussi le cent cinquantenaire de sa mort, nous le rend plus proche que jamais.

Extrait:
Jean-paul Clément : Voyez-vous, on peut toujours chicaner, ergoter sur tel détail ou tel autre, noter que Chateaubriand se trompe de date. On pourrait aussi lui reprocher - mais après tout, c'est la liberté de l'artiste - de composer un tableau en mettant en lumière certains personnages, en en rejetant d'autres qui lui semblent moins importants. Mais l'essentiel, c'est l'histoire, les grands mouvements du monde, le mystère des pouvoirs...
Chateaubriand se veut le témoin de temps extraordinaires. Tantôt il est présent, tantôt il est absent de Mémoires. Lorsqu'il est présent, il lui arrive, c'est vrai, d'inventer certains épisodes: ainsi n'a-t-il jamais vu le roi Georges III fou et presque aveugle - mais la fiction dépasse pour une fois la vérité ! Je reconnais aussi que les scènes de Combourg me font penser un peu aux scènes de Hogarth: ce sont des sortes de conversation pieces, avec les père, la mère, les soeurs. Tout est joliment ciselé - trop peut-être -, condensé, au point qu'on croirait que Chateaubriand est né à Combourg et qu'il y a vécu toute son enfance. Or, il n'y a passé que quelques années, entre les collèges et Paris.

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