Celle qui plante des arbres ***

Publié le 1 Novembre 2008

Celle qui plante des arbres, de Wangari Maathai

Genre: Autobiographie
Lieu et époque: Kenya, Etats-Unis, de 1940 à 2005


Comme tout le monde, j'avais vaguement entendu parler en 2004 d'un prix nobel décerné à une femme africaine qui plantait des arbres quelque part, mais comme beaucoup, je n'y avais pas spécialement prêté attention. C'est lorsque j'ai gagné les trois livres lauréats du grand prix des lectrices ELLE que cet ouvrage a atterri entre mes mains. J'avais peur de tomber sur quelque chose de très manichéen : pays en voie de développement écrasés par les pays développés, gentils noirs contre méchants blancs. Il n'en est rien. De son enfance kikuyu à son prix Nobel, en passant par ses études aux Etats-Unis, Wangari Maathai remet les choses dans leur contexte, ne cachant aucune exaction, de quelque côté qu'elle vienne, affirmant clairement ses idées, mais le récit est toujours fondé sur son expérience personnelle, ne faisant aucune généralité. Ainsi, elle témoigne n'avoir ressenti la ségrégation qu'une seule fois aux Etats-Unis, et même si elle ne nie pas l'existence d'une ségrégation plus large elle affirme n'en avoir pas ressenti les conséquences au quotidien. Elle explique son combat, ses démarches écologiques et politiques, elle qui en retournant dans son pays, le Kenya, a souffert du sexisme et de la discrimination à cause de son appartenance ethnique. Un livre-témoignage extrêmement intéressant sur le problème de l'Afrique, le rôle que jouent les puissances occidentales, et un plaidoyer pour l'écologie.


4e de couverture
:

Ce livre retrace l'incroyable combat de Wangari Maathai. À la tête du Mouvement de la ceinture verte, le plus grand projet de reboisement d'Afrique, elle mène une lutte acharnée avec les femmes kenyanes contre la déforestation : quelque trente millions d'arbres sont plantés en trente ans. Mais son mouvement, outre les arbres, sème aussi des idées. Sa croisade écologique se heurte alors de plein fouet au régime. Elle est victime de brutalités policières, de harcèlements, et se retrouve à maintes reprises derrière les barreaux, mais en ardente militante, jamais elle ne cède.
À travers son histoire personnelle, Wangari, la petite paysanne des Hautes Terres devenue Prix Nobel, démontre que des gestes simples suffisent parfois à susciter de profonds bouleversements sociaux et politiques. Son témoignage sans concession est un message d'espoir autant qu'un plaidoyer pour l'action. Elle conclut d'ailleurs par un seul mot d'ordre : «Nous n'avons le droit ni de fatiguer ni de renoncer.»


Extrait:
J'avais analysé les problèmes, compris leur origines; restait à trouver des solutions. La tâche était titanesque, bien entendu, mais ce genre de défi me plaisait. Je suis par nature une optimiste impénitente et ma formation de scientifique alliée à mon séjour en Amérique m'avaient appris qu'il vaut mieux se concentrer sur ce qui peut être fait que de se morfondre sur des fatalités. Je savais qu'il fallait commencer quelque part, par des gestes simples, sans doute, à échelle dérisoire, peut-être. Je n'eus pratiquement pas à réfléchir. La réponse s'imposa spontanément: planter des arbres. Mais bien sûr! Les arbres étaient au coeur de la vie : ils fourniraient aux femmes du combustibles à volonté pour cuire les aliments nourissants, du bois pour tailler des piquets et clôturer leurs champs, du fourrage pour leurs bêtes. Hommes et bétail trouveraient sous leur feuillage un agréable ombrage, et les racines préserveraient les sources et consolideraient les terrains abrupts. des arbres feraient revenir les oiseaux et toute la faune disparue qui rendraient à la terre toute sa vitalité. Il fallait reboiser à grande échelle. Mais qui replanterait des arbres par milliers ?  Les femmes, bien entendu!
C'est de cette idées simple qu'est né le Mouvement de la ceinture verte, désormais connue dans le monde entier sous le nom de GBM, acronyme anglais du Green Belt Movement. Son succès n'est pas totalement le fruit du hasard : cette initiative était dans l'air du temps, coïncidait avec l'essor des féministes et s'inscrivait dans la droite ligne de la conférence de Mexico qui avait décrété les années 1975 à 1985 première décennie de la femme. Elle devait également donner un tour tout à fait inattendu à ma vie: si j'avais choisi un sujet autre que les arbres, ma proposition aurait peut-être échoué. je me serai alors consacrée à mon métier d'enseignante et de chercheuse et je coulerais sans doute aujourd'hui une paisible retraite. Mais il  m'aurait manqué une vraie passion.

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philippe 13/12/2012 10:29

J'ai moi aussi adoré ce livre. Une vie a découvrir, elle aura mené enormémement de combat a quand même réussi avec son mouvement de la ceinture verte à faire planter 51 millions d'arbres depuis
1977 !

akialam 13/12/2012 10:39



Il est des gens comme ça qui ne révolutionnent pas le monde entier, mais qui ont compris qu'il faut bien commencer par quelque part !



Michel 09/11/2008 19:12

Et pour avoir une forêt à la maison :
http://www.babytree.fr/reforestation.php

J'en ai trois, le plus dur c'est le rempotage...

akialam 10/11/2008 09:15


je vais voir...pour quand je rentrerai de mission, j'aurai sûrement la place sur le bateau, mais j'ai peur qu'ils ne résistent pas à l'air conditionné et à la perpétuelle lumière artificielle!