De Niro's Game ***

Publié le 11 Septembre 2008

De Niro's Game, de Rawi Hage

Genre: Roman, Drame
Lieu et époque: Liban, début des années 80.

D'ordinaire, je n'aime pas les histoires de voyous. Je les trouve antipathiques, avec leur morale décalée, leur notion du respect à sens unique et leur propension à dégainer à la moindre contrariété. Ce qui change avec Georges et Bassam, c'est que leur pays est en guerre, et que lorsque finalement la loi est inexistante, que les bombes pleuvent et que l'argent manque, leur système de rêgles en vaut bien un autre. Les personnages sont humains, et sans être sympathiques, ils figurent assez bien l'image d'une jeunesse qui semble à la fois désoeuvrée et désabusée. On y découvre également le Liban, avec ses cultures, et une image de ce que peut être la vie pendant une guerre. En revanche, la dernière partie où Bassam réussit à fuir ne m'a pas du tout plu. Je l'ai trouvée fade commparée au reste de l'ouvrage.
En définitive, le sujet n'est pas mon favori, mais force est de constater que ce roman possède des qualités d'écriture qui plonge le lecteur dans l'ambiance sordide de la guerre avec succès, il aurait peut-être gagné à être plus court pour être plus percutant.



4e de couverture :
Liban, début des années 1980. Campé dans un Beyrouth dévasté par les bombes, De Niro's Game est une odyssée chaotique, écorchée et haletante, une plongée vertigineuse au cœur de la guerre civile et de ses folies.
À Beyrouth-Ouest, Bassam et Georges, deux amis d'enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont inaccessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s'imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam rêve de fuir à l'étranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne.
Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeu où Georges travaille. Mais l'argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié?

Extrait:
Quand les bombes pleuvaient, l'abri se faisait maison, palais de sucre, camp de jeu pour les enfants, cuisine et café, lieu saint, lieu sombre, lieu sûr avec un poêle, des matelas de mousse et des jeux de société. Mais ça sentait le renfermé et j'aimais mieux mourir en plein air.
Une bombe venait de tomber dans la ruelle voisine. J'entendais des gens hurler; un fleuve de sang devait déjà couler. J'ai attendu : la rêgle, c'était d'attendre la deuxième bombe. Comme les Américains du Midwest qui visitent Paris, elles allaient toujours par deux. La seconde est tombée. Je suis sorti de l'appartement sans me presser. J'ai descendu l'escalier et j'ai suivi les ruelles, guidé par les hurlements, l'odeur de poudre et de pierres éclatées. J'ai trouvé le sang autour d'une petite fille. Tony le joueur était déjà là, sa voiture prête à partir. A moitié nu, il bégayait Ma-rie mère de Dieu, sainte Marie mè-re de Dieu. Il n'arrêtait pas de répéter la même chose avec difficulté, à bout de souffle, glacé d'horreur. J'ai soulevé la petite fille. Sa mère m'a suivi jusqu'au siège arrière; elle hurlait, hystérique. J'ai enlevé ma chemise pour en couvrir les côtes ensanglantées de l'enfant. La voiture de Tony volait vers l'hôpital. Il a fait hurler la sirène.


Merci à
http://www.chez-les-filles.com/
qui m'a permis de découvrir ce livre !


Commenter cet article