Marie Stuart ****

Publié le 7 Septembre 2008

Marie Stuart, de Stefan Zweig

Genre: Biographie
Lieu et époque: France, Ecosse, Angleterre, fin du 16e siècle

Je ne me lasse pas des qualités d'historien et du talent de conteur de Stefan Zweig. Après Marie-Antoinette, je me suis intéressée avec lui au destin d'une autre reine toute aussi controversée et elle aussi décapitée: Marie Stuart. Limpide, même pour la néophyte que je suis, cet ouvrage retrace les faits historiques et tente de brosser le portrait psychologique de la reine ainsi que de ses contemporains, mais essaye dégalement de dénouer le faux du vrai parmi les nombreux écrits émanant d'un camp comme de l'autre, côté catholique ou protestant. Sweig dresse ci un beau portrait de cette reine, avec ses qualités comme ses défauts, mais toujours avec un vrai humanisme pour cette femme qui a toujours voulu diriger son destin et qui paradoxalement a fini victime du rang quelle n'a cessé de revendiquer.

4e de couverture:
Reine d’Ecosse à l’âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l’histoire.Veuve en 1560, elle rentre en Ecosse et épouse lord Darnley. Déçue par ce mariage, elle devient la maîtresse du comte Bothwell. Lorsque ce dernier assassine Darnley, l’horreur est telle que Marie doit se réfugier auprès de sa rivale, Elisabeth 1ere, reine d’Angleterre. Celle-ci la retiendra vingt ans captive, avant de la faire condamner à mort. Son courage devant le supplice impressionnera les témoins, au point de métamorphoser celle que l’on disait une criminelle en une martyre de la foi catholique…Sur cette figure fascinante et controversée de l’histoire britannique, le biographe de Marie-Antoinette et romancier de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme a mené une enquête rigoureuse, se livrant à une critique serrée des documents et des témoignages. Ce récit passionné nous la restitue avec ses ombres et ses lumières, ses faiblesses et sa grandeur.


Extrait:
Rien n’a rendu la destinée de cette Stuart plus tragique que l’empressement trompeur avec lequel la fortune a remis le pouvoir entre ses mains. Tout lui tombe d’une invisible corne d’abondance  en apparence inépuisable ; elle ne doit rien à sa propre volonté, à son énergie, à ses efforts ni à son mérite, tout n’est qu’héritage, faveur et présents : comme s’il s’agissait d’un rêve, où tout s’enfuit dans un envol coloré, elle se voit mariée, couronnée, et avant que ses sens éveillés aient pu jouir de ce printemps précoce il est déjà fané, défleuri, passé : elle se réveille déçue, désemparée, dépouillée. A un âge où les autres commencent seulement à souhaiter, à espérer, à désirer, elle a déjà connu tous les triomphes possibles avant que son esprit ait eu le temps de s’en rendre compte. C’est dans cette précipitation de sa destinée que se trouve contenu en puissance le secret de son inquiétude et de son insatisfaction : celle qui a été si jeune la première femme d’un pays, d’un monde, ne pourra jamais se contenter d’un mode d’existence plus modeste. Seules les natures faibles peuvent renoncer et oublier ; les natures fortes ne se résignent pas et provoquent même au combat  le destin tout-puissant.

Commenter cet article

Kali 18/10/2008 00:39

J'adore Zweig et j'ai bien envie de lire ses biographies, pourquoi pas commencer par celle-ci...

Laetitia la liseuse 12/10/2008 11:49

Je pense lire aussi cette bio. J'aime beaucoup cette reine. J'ai lu une biographie écrite par René Guerdan qui était très intéressante. Je note le Zweig.