Les quatrains d'Omar Khayyam **

Publié le 26 Août 2008

Les quatrains d'Omar Khayyam

Genre: Poésie

Il est toujours difficile de donner un avis sur un ouvrage de poésie. En général, il y a deux approches: l'approche que j'appelle universitaire, où l'on analyse les mots, les formules, et où l'on apprécie intellectuellement la qualité d'un poème, et l'approche émotionnelle. Bien entendu, l'un n'exclut pas l'autre mais dans la mesure où je n'ai pas les connaissances universitaires pour évaluer la richesse de l'écriture d'un poète persan du 12e siècle, je me contente de la deuxième approche, et bien que j'en aie un peu honte (qui suis-je pour juger l'unanimement salué Omar Khayyam ?) je n'ai pas vraiment aimé ce recueil, peut-être n'ai-je tout simplement pas été assez sensible à ses vers. Je trouve que les poèmes se ressemblent, sont répétitifs même, que les thèmes se reproduisent dans les mêmes images, les mêmes mots parfois. Celà n'empêche que certains poèmes m'ont ponctuellement plu. En revanche, les explications et les textes choisis autour de cet auteur sont très intéressants, dans la compréhension du contexte de production de ces oeuvres, que je connaissais déjà un peu pour avoir lu Samarcande de Aamin Maalouf qui est une sorte de biographie romancée du savant perse. Une petite déception, donc, avec ces quatrains, mais c'est un avis personnel et qui n'engage absolument que moi.


Résumé:
Les robbaïats (ou quatrains) d’Omar Khayyâm chantent les plaisirs éphémères de la vie, du vin et des femmes. Ils ont suscité d’innombrables imitations et commentaires.

Extrait:

LIV
Ce que la Plume a écrit ne change jamais:
S'en désoler ne procure qu'une tristesse profonde ;
Même en subissant l'angoisse toute ta vie,
Tu n'ajoutes-pas à celle-ci une goutte de plus.

LXXV
Je bois du vin, et quiconque boit comme moi en est digne.
Si je bois, c'est chose bien légère devant Lui.
Dieu savait, dès le premier jour, que je boirai du vin,
Si je ne buvais pas, la science de Dieu serait vaine.







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Eli 28/02/2013 15:41

Bonjour,
Je cherchais la traduction d'un vers de Khayyam sur internet et je suis tombée sur votre blog. étant iranienne, permettez moi de vous suggérez d'autre traduction parce les deux que vous avez
présenté ici (je suppose de ce livre) ne représente même 1% du sens que lui a voulu transmettre. la traduction de la poésie est extrêmement difficile et cela est encore pire si le poème est de
12eme siècle. pour faire une traduction qui soit au moins 20 à 30% fidèle et digne du poème, il faut le mettre dans son temps et décortiquer chaque mot. par exemple ces vers aujourd'hui peuvent
sembler très triste ou négative mais à son époque ou la dictature de l'islam empêchait toute publication en désaccord avec ses enseignes (encourageant la pauvreté dans l'espoir du "paradis") une
telle poésie qui incitent les gens à profiter de l'instant présent était très rebelle et innovant. par rapport à la côté répétitive je dois dire que malheureusement l'interdiction de la publication
de ce genre de poésie à leur époque à empêcher l’existence d'une version originale, par conséquent durant les siècles suivantes beaucoup de quatrains ont été attribué à tort à Khayyam et
malheureusement beaucoup de traduction à ce jour ne tiennent pas compte de ce fait.
meilleures salutation

akialam 08/03/2013 16:22



Pour avoir fait un grand nombre de modules sur la traduction lors de mes études, je suis assez bien sensibilisée à ses questions... "traduire, c'est trahir".


Dans ce cas présent, je n'ai pas de notions de persan et je me suis simplement contentée de copier un extrait afin d'illustrer le livre. Je n'ai donc aucun élément me permettant de porter un
quelconque regard critique sur cette traduction.Je me suis donc modestement limitée à mes impressions de lectrice néophyte, très consciente de mon abscense de clés pour comprendre ou décrypter
ces oeuvres correctement ...