Contes de l'Alhambra ***

Publié le 8 Juin 2008

Contes de l'Alhambra , de Washington Irving

Genre: Récit de voyages, contes
Lieu et époque: 1829 et moyen-âge, Espagne.

J'ai découvert l'Alhambra quant j'avais dix ans, et ai immédiatement été conquise par la beauté presque magique du lieu. De l'extérieur, c'est une forteresse, mais dès que l'on passe la porte, tout n'est que décors et jardins évoquant le paradis sur terre, vraiment ma-gni-fi-ques!  Bref, c'est déjà à moitié convaincue que je me suis plongée dans cet ouvrage.  La seule chose que j'aie un peu déplorée en quelque sorte, c'est toute la partie récit de voyage. Non pas qu'elle soit inintéressante, mais elle est en proportion presque plus grosse que la partie contes, ce qui, au vu du titre de l'ouvrage ne correspond pas forcément à ce à quoi l'on s'attend. En revanche, cette partie est extrêmement instructive pour qui ne connaît pas l'Alhambra. Et pour les autres, les rappels historiques et les descriptions des salles, permettent de planter le décor des légendes qui s'y déroulent. Un livre plein de rêves, de magie, de trésors et de fantômes du passé...

Résumé:
1829. Un Américain distingué (l’auteur) et l’un de ses amis, peintre de son état, arrivent à Grenade – cité oubliée perdue au milieu de ses montagnes, uniquement desservie par de mauvaises pistes qui sont autant de coupe-gorges –, et ils se voient offrir pour quelques mois comme lieu de villégiature un palais à demi ruiné : l’Alhambra !
Ceci n'est pas un rêve, mais le prétexte, parfaitement réel, de ce livre qui feint de se présenter comme un récit de voyage pour se transformer insidieusement en un recueil de contes- les Mille et Une Nuits de l'Andalousie en quelque sorte - Tous à la gloire d'une Espagne maure anéantié par la violence de l'histoire...mais toujours vivante dans le secret des coeurs.

Extrait :
Un roi maure régnait autrefois à Grenade, qui n'avait qu'un fils, Ahmed, surnommé par ses courtisans al Kamel, le Parfait, d'après les signes indubitables d'excellence qu'ils aperçurent en lui dès sa plus tendre enfance. Les astrologues confirmèrent leur pronostic, en lui prédisant toutes les qualités qui font un prince idéal et un souverain prospère. Seul nuage au tableau, encore était-ce un nuage rose, le jeune homme serait d'un tempérament amoureux et risquerait de grands dangers pour sa tendre passion. Toutefois, si l'on pouvait le tenir à l'écart des séductions de l'amour  jusqu'à l'âge mûr, les périls seraient conjurés, sa vie serait une suite ininterrompue de bonheurs.
Pour prévenir tout écueil, le roi décida sagement d'élever le prince dans un lieu solitaire où il ne verrait jamais le visage d'une femme, jamais n'entendrait prononcer le mot "amour". A cette fin, il fit bâtir un magnifique palais au sommet de la colline qui domine l'Alhambra, au milieu de jardins délicieux, mais entouré de hautes murailles  - celui-là même qu'on connaît, de nos jours, sous le nom de Generalife. Enfermé là, le jeune prince fut confié à la garde d'un maître, Eben Bonabben, un sage arabe des plus sévères; ayant passé la plupart de sa vie en Egypte à étudier les hiéroglyphes et à faire des recherches parmi les tombes et les pyramides, il trouvait plus de charme à une momie égyptienne qu'à la plus tentatrice des beautés des beautés vivantes. Le sage avait pour mission d'initier le prince à toutes les sciences, excepté une - il fallait que celui-ci restât totalement ignorant des choses de l'amour.
- Use pour cela de toutes les précautions qui te paraîtront nécessaires, lui dit le roi, mais souviens-t'en, Eben Bonabben, si mon fils apprend quoi que ce soit de ce savoir défendu pendant qu'il est sous ton autorité, ta tête m'en répondra.

Commenter cet article