Expiation ****

Publié le 25 Mars 2008

 Expiation de Ian McEwan



Genre: Roman, Dramatique
Lieu et époque: Angleterre, France, 20e siècle

J'avais beaucoup aimé le film et c'est avec impatience que j'attendais de pouvoir lire le livre, ce qui est désormais chose faite. Bizarrement, lire le livre m'a permis d'apprécier encore davantage le film. En effet je n'ai jamais vu de film aussi bien adapté d'un livre : la plupart des détails y sont, et lorsqu'une digression est trop longue pour être complètement prise en compte, elle est évoquée par des détails dans le film. En tout cas, le livre est vraiment bien, l'histoire est belle et de nombreux thèmes y sont brassés: la différence entre classes sociales, la culpabilité, la difficulté de l'écriture, l'homme face à l'histoire... Un livre qui est donc très riche, et qui se lit avec beaucoup de plaisir !

4e de couverture:
Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ? Un roman dans la grande tradition romanesque, où Ian McEwan, tout en s'interrogeant sur les pouvoirs et les limites de la fiction, restitue, avec une égale maîtrise, les frémissements d'une conscience et les rapports de classes, la splendeur indifférente de la nature et les tourments d'une Histoire aveugle aux individus.


Extrait:
Lorsqu'elle ouvrit la porte, il vit le message plié dans sa main. Pendant quelques secondes, ils ne se quittèrent pas des yeux, sans prononcer un mot. Malgré ses tergiversations, il n'avait rien prévu de lui dire. Sa seule pensée fut qu'elle était plus belle que dans son imagination. Sa robe de soie semblait rendre hommage à chaque courbe, à chaque inflexion de son corps souple, mais la petite bouche sensuelle était pincée de désapprobation, peut-être même d'aversion. Derrière elle, les éclairages de la maison l'éblouissaient, ce qui rendait difficile de déchiffrer son expression avec précision.
Enfin il se décida: "Cee, c'était une erreur.
- Une erreur ? "
Des voix lui parvenaient pas la porte ouverte du salon . Il entendit celle de Leon, puis celle de Marshall. ce fut sans doute la crainte qu'on les dérange qui la fit reculer et ouvrir plus largement la porte à son intention. Il la suivit dans le hall jusqu'à la bibliothèque, qui était plongée dans le noir, et il attendit sur le seuil pendant qu'elle cherchait l'interrupteur d'une lampe de bureau. Dès qu'elle s'alluma, il poussa la porte derrière lui. Il pressentait que, dans quelques minutes, il serait en train de rebrousser chemin à travers le parc en direction du pavillon. 
"Ce n'était pas la version que j'avais l'intention de t'envoyer.
- Non.
- J'ai mis la mauvaise version dans l'enveloppe. 
- Oui."
 

 

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dasola 06/05/2008 11:16

Bonjour Akialam, merci aussi à vos commentaires. J'ai lu le livre Expiation lors de sa sortie aux éditions Gallimard. C'est un magnifique roman que l'on n'oublie pas. J'ai donc vu le film (bien après) et en revanche, il m'a beaucoup déçu (comme je l'ai dit dans mon billet du 3/02/08). J'ai trouvé que le metteur en scène avait fait un film romantique (avec une musique omniprésente) alors que le livre n'est pas romantique mais plutôt cruel.