Biographie de la faim ****

Publié le 2 Octobre 2007

biographie.jpgBiographie de la faim, d'Amélie Nothomb

Genre
: roman (pseudo?)autobiographique
Lieu et époque: XXe siècle, Japon, USA, Bangladesh, Chine

Un roman dans le plus pur style autobiographique nothombesque. On retrouve ici le fil de certains autres romans, notamment Métaphysique des tubes (la petite enfance au Japon) et la sabotage amoureux (son séjour à Pékin), mais abordées sous un autre angle, celui de la faim:  physique, intellectuelle, affective. Encore une fois, Nothomb fait mouche (ou irrite, c'est selon), avec son style incomparable et cet humour presque absurde, elle convainc les inconditionnels et énerve ses détracteurs. Pour ma part, je fais partie de la première catégorie, ce qui de mon point de vue fait de ce livre un excellent ouvrage, à découvrir ou à savourer de nouveau...

4e de couverture
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand prix du Roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père diplomate. Au coeur de kaléidoscope: sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui explique autant l'histoire des peuples que celle des individus. 
Les figures du père, d'une nourrice japonaise, d'une soeur tendrement aimée se dessinent aussi dans ce récit pudique et sincère, maniant l'humour noir et la provocation.
 

Extrait: 
Le dictionnaire était l'atlas des mots il définissait leur étendue, leurs ressortissants, leurs limites. Certains de ces empires étaient d'une bizarrerie déboussolante: il y avait azimut, béryl, odalisque, perlimpinpin.
Si l'on cherche bien dans les pages, on trouvait aussi le mal dont on souffrait. Le mien s'appelait manque du Japon, qui est la véritable définition du mot "nostalgie".
Toute nostalgie est nippone. Il n'y a pas plus japonais que de languir sur son passé et sur sa majesté révolue et que de vivre l'écoulement du temps comme une défaite tragique et grandiose. Un Sénégalais qui regrette le Sénégal d'antan est un Nippon qui s'ignore. Une fillette belge pleurant au souvenir du pays du Soleil-Levant mérite doublement la nationalité japonaise.
- Quand rentre-t-on à la maison ? demandais-je souvent à mon père - la maison désignant Shukugawa.
- Jamais.
Le dictionnaire me confirmait que cette réponse était terrible.

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sylvie 30/05/2008 18:10

Moi aussi je suis une inconditionnel de la Miss ! J'ai été cependant un peu déçu par l'avant-avant dernier et l'avant dernier roman d'Amélie. Le dernier par contre j'ai énormémen aimé, vivement le prochain :)

MS 16/12/2007 18:22

Amélie Nothomb