Guide littéraire des lettres d'engueulade *

Publié le 10 Août 2007

9782353180066FS.gifGuide littéraire des lettres d'engueulades 
de Jean-Luc Coudray


Genre: épistolaire
Lieu et époque:  indéfinis

Un livre que je n'ai pas beaucoup aimé, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus subtil de plus humoristique, de beaucoup plus fin. La plupart du temps, il s'agit de lettre non  pas d'engueulade, mais bel et bien d'insultes, ce que je cautionne beaucoup moins. Exceptée celle du fou et du râteau (extrait ci-dessous) qui est un peu mieux que les autres, j'ai trouvé cet ouvrage vraiment très décevant...

Résumé: 
Lorsqu'une personne nous agresse, nous manquons toujours de répartie. En effet, désarçonnés par la brutalité de la bêtise, nous perdons notre accès à la part subtile de nous-même. Il s'ensuit que nous ruminons pendant des semaines pour élaborer les arguments idéaux que nous aurions pu jeter à la face de notre adversaire. 
L'objet de ces lettres d'engueulade, qui reprennent un à un les cas les plus courants des humiliations quotidiennes, est de nous fournir les formulations précises qui expriment notre légitime sentiment d'injustice. 
Ainsi, dans un premier temps leur lecture, en fixant par les mots notre ressentiment , devrait calmer nos ruminations. 
Dans un deuxième temps, s'il nous est possible de retrouver notre bourreau, nous pourrons lui adresser notre missive afin de crucifier  définitivement sa conscience, avec ce sentiment de sérénité que procure le rééquilibrage du monde.
 

Extrait: 
la situation: Un fou vous poursuit avec un râteau
la lettre
Cher Monsieur, 
Vous avez cherché, avec votre râteau, à me punaiser sur l'herbe comme un vulgaire insecte. 
Je crois que, si nous ne nous sommes pas entendus, c'est à cause du râteau. 
En effet, la présence de ce tiers a créé un déséquilibre dans notre rapport. Dès qu'un groupe humain est en nombre impair il y a danger que deux se groupent contre un. Une fois la coalition faite, je comprends qu'il était difficile pour vous deux de résister à la tentation de m'éliminer.
Pour me défendre, il aurait fallu que je dispose, moi aussi, d'un associé, comme un gourdin ou un revolver.
Je tiens tout de même à vous conseiller de bien surveiller votre râteau car les associés changent quelquefois de camp, ce qui est vite regrettable. 
La fidélisation d'un couteau ou même d'un simple bâton demande plusieurs mois de dressage. 
Je me suis douté que votre instrument ne vous était pas si attaché qu'il semblait le prétendre, mais, cependant, je n'ai pas voulu prendre le risque de lui faire retourner sa veste, sachant que je n'étais pas plus doué que vous pour le conserver à mon service. 
Bien entendu, vous auriez réussi à me piquer sur le sol, c'est le râteau qui aurait été le premier responsable. Vous auriez toutefois pu être poursuivi pour complicité. 
C'est pourquoi l'association d'intérêt avec les collaborateurs dont la physionomie exprime des penchants monomaniaques, comme les sécateurs, les outils tranchants, piquants ou sciants en général, peut nous entraîner au-delà de nos propres perspectives. 
J'aimerais que vous méditiez ce conseil. 
Amicalement.
 

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