Concertina ***

Publié le 5 Août 2007

Concertina.jpgConcertina, de Paola Pigani

Genre: Nouvelles 

Un ensemble de nouvelles très poétiques, toujours un peu tristes, au dénouement souvent incertain, aux interprétation multiples... Une écriture assez complexe qui mélange poésie et symboles, un recueil bien écrit, peut-être juste un peu monocorde dans le style .

4e de couverture: 
Exercices de mémoire, exercices d'amour pour des coeurs patients, en marge du temps. Des enfants s'inventent une cité de sucre dans un cimetière, un laveur de vitres funambule attend l'orage, un éboueur, depuis son beau navire, s'imagine une idylle africaine; dans un jardin ouvrier, les cendres d'une lettre brûlée se mêlent aux fleurs de cerisier, les passagers d'un bus se croisent et s'accompagnent dans leur solitude, les murs d'une prison, d'un hôpital appellent la magie de la neige ou des fleurs des champs. Il y a aussi des escargots, des abeilles, des colombes, messagers de la vie d'avant. Une montre à gousset, un violon, un parfum s'abîment un jour pour délivrer un secret. Une certaine mélancolie accompagne ces héros malgré eux comme une façon d'être au monde sans vouloir renoncer à leur chagrin parce qu'il parle encore du bonheur perdu. 

Extrait
Sa décision était prise. Elle referma l’album d’images et ramassa les papiers de Carambar déchiquetés sur son lit. Puisqu’elle ne pouvait pas le revoir le jour de ses cinq ans, Mathilde allait faire des pieds et des mains pour devenir une vieille petite fille.
Elle repousserait tout ce qu’on n’allait pas manquer de lui offrir. Elle oublierait de mettre des barrettes de couleur dans ses couettes, elle refuserait la robe rouge et jaune et les socquettes qui vont avec. Elle préférait tomber malade, fermer les yeux. Papa pas là, c’était aussi bête qu’une moitié de mandarine avec la peau autour, une espèce de cœur ouvert avec du jus qui colle aux doigts. Elle mordilla ses cheveux en écoutant sa mère crier de la salle de bains : « N’y compte pas, il n’a pas encore payé ce mois-ci. Il ne pourra jamais être responsable une fois dans sa vie ! Ah, ça jamais, ma parole, jamais ! Il n’y a qu’au pied du mur qu’il regrette ! Tu parles ! Tout le monde sait faire ça, pleurer au pied du mur. Tu peux mettre une croix dessus, pour ton anniversaire, il n’y aura pas de Papa ! »

 

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