99 francs ***

Publié le 17 Janvier 2007

690940290.jpg99 francs de Frédéric Beigbeder

Genre: humoristique
Lieu et époque: Paris, époque actuelle

Un avis mitigé sur ce livre. Sympa, le côté publicitaire déjanté cocaïné jusqu'aux yeux qui veut abattre le système qu'il sert, c'est vrai. Ceci dit, trop de spontanéité tue la spontanéité, par moment, ça sent un peu la provoc' gratuite, c'est un peu dommage. Un livre sympa, lucide, limite pessimiste quand même, mais pas vraiment injuste au fond, on récolte ce qu'on a semé.

Résumé:
Octave est le maître du monde. Octave exerce en effet la profession lucrative de rédacteur publicitaire : il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Octave est un mort-vivant, couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Un jour, il se rebelle. Le doué Octave déjante. La cliente idéale ? « Une mongolienne de moins de cinquante ans. » Les nababs de la publicité ? « Ils mènent la troisième guerre mondiale. » De l'île de la Jatte où négocient les patrons d'agence à Miami où l'on tourne un spot sous amphétamines, d'un séminaire en Afrique à Saint-Germain-des-Prés, de l'enfer du sexe à la pureté perdue, Frédéric Beigbeder, entre fiction et pamphlet, écrit la confession d'un enfant du millénaire. En riant, il dénonce le mercantilisme universel.


Extrait:
Connaissez-vous la différence entre les riches et les pauvres ? Les pauvres vendent de la drogue pour s'acheter des Nike alors que les riches vendent des Nike pour s'acheter de la drogue.

Les hommes politiques ne contrôlent plus rien ; c'est l'économie qui gouverne. Le marketing est une perversion de la démocratie : c'est l'orchestre qui gouverne le chef. Ce sont les sondages qui font la politique, les tests qui font la publicité, les panels qui choisissent les disques diffusés à la radio, les "sneak previews" qui déterminent la fin des films de cinéma, les audimats qui font la télévision. [...] Big Brother is not watching you, Big Brother is testing you. Mais le sondagisme est un conservatisme. C'est une abdication. On ne veut plus vous proposer quoi que ce soit qui puisse RISQUER de vous déplaire. C'est ainsi qu'on tue l'innovation, l'originalité, la création, la rebellion. Tout le reste en découle. Nos existences clonées... Notre hébétude somnambule... L'isolement des êtres... La laideur universelle anesthésiée....

Picasso est un nom de bagnole Citroën, Steve Mc-Queen conduit une Ford, Audrey Hepburn porte des mocassins Tod's ! Tu crois qu'ils se retournent pas dans leur tombe, ces gens-là, d'être transformés en VRP posthumes ? C'est la nuit des morts-vivants ! Cannibal Holocaust ! On bouffe du cadavre ! Les zombies font vendre !

Toutes ces marques sont rigoureusement inattaquables. Elles ont le droit de vous parler mais vous n'avez pas le droit de leur répondre. Dans la presse, vous pouvez dire des horreurs sur des personnes humaines mais essayez un peu de descendre un annonceur et vous risquez très vite de faire perdre à votre journal des millions de francs de rentrées publicitaires. A la télévision, c'est encore plus retors : une loi interdit de citer des marques à l'antenne pour éviter la publicité clandestine ; en réalité, cela empêche de les critiquer. Les marques ont le droit de s'exprimer tant qu'elles le veulent (et paient ce droit très cher), mais on ne peut jamais leur répondre.

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christophe fétat 22/03/2008 13:00

Surtout ne pas oublier que son frère est comme celui de Sarkozy dirigeant du Medef et a été un des premiers a se lancer avec Poweo dans les entreprises autour de l'énergie avec l'ouverture des marchés décidée par l'Europe ! On ne choisit pas sa famille c'est vrai mais je n'ai pas vraiment l'impression que l'écrivain people se plaigne réellement du système ! Pour ce qui est de son style, je n'ai pas encore lu une ligne de lui donc je ne peux pas en juger pour l'instant.

aurore 05/11/2007 09:44

j'aimerai bien voir le film ... tu l'as vu ?

nyenna 29/08/2007 23:15

moi j'adore l'écritude de beigbeder