Il y a quelques mois, j'avais postulé en ligne pour participer au Grand Prix du cinéma du magazine ELLE. Un formulaire comprenant quelques questions simples sur mes goûts cinématographiques, mais également la rédaction d'une critique - à l'époque, je venais de voir J'ai perdu mon corps, qui m'avait quelque peu bousculée - que j'ai donc ajoutée à la candidature.  A vrai dire, j'ai envoyé l'ensemble sans grand espoir : qui savait combien de postulantes, et quels critères de sélection ?

Et il y a quelques semaines, la confirmation de ma participation est arrivée ! J'avais rendez-vous les 18, 19 et 20 septembre au Gaumont Les Fauvettes pour découvrir les huit films en compétition. 

 

Vendredi 18 septembre : 17h30 

Arrivée au cinéma, et accueil. Prise de température à coup de thermomètre frontal, désinfection des mains, vérification du nom, remise du badge au logo du prix, qui va nous permettre de circuler librement dans le cinéma tout le week-end. Une place nous a également attribuée en raison des mesures sanitaires en vigueur. Je serai donc en H8. 

Le temps d'attraper un café, et je descends dans la salle de projection, pour m'installer. L'occasion de déballer le contenu du tote bag aux couleurs du magazine, déposé à l'intention de chacune des jurées. A l'intérieur, de jolis petits coffrets beauté de chez Davines et Garancia, et surtout le plus important  : le carnet permettant de prendre des notes au fur et à mesure des projections. 

Dans un souci de ménager des surprises, mais également de nous permettre de visionner les films avec le minimum d'a priori possible, les organisatrices ne nous ont pas donné la liste des films en compétition. Nous les découvrirons au fur et à mesure, et lorsque ce sera possible, ils seront présentés par le réalisateur ou la réalisatrice, accompagnés d'une partie de leur équipe. 

 

Film n° 1 : 
Amants, de Nicole Garcia
avec Stacy Martin, Pierre Niney et Benoît Magimel. 

sortie le 2 décembre (critique complète à venir) 

Nicole Garcia, réalisatrice du film "Amants"

Nous débutons avec Amants. La réalisatrice, Nicole Garcia, nous annonce d'emblée qu'elle l'a souhaité beaucoup plus sombre que les précédents. Il a d'ailleurs été catégorisé comme thriller par le distributeur. 

 

Après cette première projection, la pause dîner est l'occasion de faire connaissance entre jurées, et d'échanger déjà nos impressions sur le film inaugural. Mais vite, il faut retourner en salle pour découvrir le concurrent suivant. 

 

Film n° 2 : 
Slalom, de Charlène Favier

Affiche du film Slalom

sortie le 4 novembre (critique complète à venir) 

Charlène Favier, la réalisatrice, nous explique son parcours un peu complexe pour réussir à réaliser ce film, qui lui tenait à coeur depuis longtemps, bien avant qu'un certain nombre de scandales n'éclatent dans le milieu du sport. Noée Abita, la jeune actrice principale, parle également de sa préparation sportive pour incarner au mieux ce rôle. 

Nous finissons la première soirée de projection aux alentours de 23h, déjà un peu sonnées par ce que nous venons de voir.

 

Samedi 19 septembre : 9h00

Le réveil a été un peu difficile, et ce sera notre plus grosse journée, avec quatre films aujourd'hui. J'attrape un café pour tenter d'aiguiser un peu mes neurones. 

 

Film n° 3 : 
Falling, de Viggo Mortensen 

Affiche du film "Falling" de Viggo Mortensen

 sortie le 4 novembre (critique complète à venir) 

Viggo Mortensen n'ayant pas pu se déplacer dans le contexte actuel, il nous a fait parvenir une petite vidéo - tout en français, s'il vous plaît - pour nous présenter Falling. Un premier film en tant que réalisateur, qui, comme tous les films, précise-t-il, est une sorte de confession. 

 

Film n° 4 : 
Mandibules, de Quentin Dupieux 
avec David Marsais, Grégoire Ludig, Adèle Exarchopoulos

sortie le 2 décembre (critique complète à venir) 

Pour cette deuxième partie de la matinée, nous étions plutôt contentes de passer à une comédie, la première de la sélection. Le réalisateur est un artiste atypique, Quentin Dupieux - alias Mr. Oizo - connu pour son humour absurde. Un peu de fraîcheur bienvenue après trois films plutôt sombres. 

 

Le déjeuner du samedi se passe à mi-parcours de la journée, mais également de la sélection. Voir plusieurs films à la suite est donc pour moi un exercice nouveau.  Dans mon cas, on peut même dire que l'ensemble est déroutant : il me faut toujours 24h environ pour "digérer" un film, et achever d'arrêter mon avis. Pendant ce laps de temps, j'essaye d'éviter un maximum les avis des autres, de peur de me laisser influencer. Ici, au milieu d'autres jurées qui - naturellement - échangent leur avis, et des débats organisés dans la salle, difficile d'y échapper. C'est convivial, mais paradoxalement, ça me perturbe beaucoup ! 

 

Film n° 5 : 
ADN, de Maïwenn

Affiche du film ADN de Maïwenn

sortie le 28 octobre (critique complète à venir) 

C'est une jolie partie de l'équipe qui s'est déplacée pour nous présenter le film. Outre la réalisatrice, Maïwenn, sont également présents les comédien.ne.s Marine Vacth, Henri-Noël Tabary ainsi qu'une écrivaine - dont le nom je n'ai pu retrouver le nom, pardonnez-moi - qui joue également dans ADN

Maïwenn, Marine Vacth et Henri-Noël Tabary pour ADN

Maïwenn évoque le deuil, l'importance de connaître ses racines, mais également le côté toujours très personnel de ses films, tout en récusant le terme d'autobiographique. Les comédiens quant à eux, parlent tour à tour de la façon de tourner de la réalisatrice, avec la présence de plusieurs caméras, qui donne un côté très naturel, ou encore de la mémoire familiale. 

 

Film n° 6 : 
Médecin de nuit, d'Eli Wajeman
avec Vincent Macaigne, Sara Giraudeau, Pio Marmai

sortie le 9 décembre (critique complète à venir) 

Eli Wajeman et Vincent Macaigne pour "Médecin de nuit "

Le réalisateur Eli Wajeman, accompagné de l'acteur principal de Médecin de nuit, Vincent Macaigne, ont fait le déplacement pour nous présenter le film. Un film de genre, un film noir, pleinement revendiqué comme tel. On parle du personnage du médecin de nuit, peu évoqué au cinéma, et du permis de conduire que Vincent Macaigne a dû passer pour pouvoir tourner dans le film, l'habitacle de sa voiture y étant un lieu à part entière. 

 

Après ce dernier film de la journée, nous rentrons relativement tôt - il est à peine 19h - mais pour ma part, je suis épuisée, sans doute parce que la journée a été très riche en émotions. Qui aurait cru que regarder des films pouvait être si fatigant ? 

 

Dimanche 20 septembre : 9h30

En ce dimanche matin, nous entrevoyons la fin de notre marathon cinématographique. Il ne nous reste plus que deux films, et de mon côté, j'espère encore y trouver le coup de cœur qui départagerait tous les autres. Encore trop d'ex aequo dans mon classement. 

 

Film n° 7 : 
Yalda, la nuit du pardon, de Massoud Bakshi

Affiche du film Yalda, la nuit du pardon

sortie le 7 octobre (critique complète par ici

Le 7e film de cette compétition a déjà été primé au festival de Sundance, mais ce qui me touche le plus, c'est l'explication du contexte de l'histoire par le réalisateur iranien Massoud Bakshi. Je ne suis pas entièrement ignorante de la situation en Iran, mais j'ignorais l'existence légale de la notion de prix du sang : un procédé qui peut permettre dans certaines conditions de gracier un condamné à mort pour homicide, si la famille de la victime accepte de pardonner, et en échange d'une forte somme d'argent. 

Massoud Bakshi, réalisateur de Yalda, la nuit du pardon

Venu du documentaire, il nous explique également qu'il souhaite faire des films ancrés dans la réalité, qui racontent l'Iran d'aujourd'hui. D'ailleurs, Yalda, depuis sa sortie, a déjà contribué à sauver deux personnes condamnées à mort pour homicide involontaire. (Mais je vous raconterai tout ça en détail dans la critique du film dans quelques jours : patience!).

 

Film n° 8 : 
L'origine du monde, de Laurent Lafitte 

Affiche du film l'origine du monde de Laurent Lafitte

sortie le 4  novembre (critique complète à venir) 

Pour ce 8e et dernier film, on nous annonce une comédie de Laurent Lafitte.  J'avoue, après avoir passé le confinement devant la chaîne de la Comédie Française, ça me fait tout drôle de voir ce comédien en chair et en os.

Laurent Lafitte, de la Comédie Française, venu présenter son film "l'Origine du monde"

Il vient présenter L'origine du monde, son premier film en tant que réalisateur. Il s'agit de d'une pièce de théâtre de Sébastien Thiéry dont Laurent Lafitte a signé l'adaptation en scénario. Et quand on lui demande pourquoi il en joue aussi le rôle principal il répond en riant : "ça, c'est juste une histoire d'ego!", nous laissant découvrir le film.  

 

Etre jurée du grand prix ELLE, a été pour moi une expérience très particulière : d'abord le rythme de visionnage, intense, a entièrement chamboulé mes habitudes cinéma et mon temps ordinaire de critique d'un film. J'ai beaucoup apprécié de ne rien connaître des films qui allaient être visionnés, pour éviter les a priori, mais aussi que les réalisateurs viennent nous les présenter. 

Au moment de remettre mon coupon avec toutes les notes que j'avais attribuées, il y a également plein de questions qui se sont bousculées dans ma tête. Un film à récompenser, est-ce un film qui parle des questions d'aujourd'hui ou au contraire une oeuvre intemporelle ? Faut-il privilégier les bons films qui n'ont pas encore reçu de récompense, pour leur laisser une chance d'être mis en avant, eux aussi ? Faut-il dissocier la valeur artistique d'un film de son combat, ou de l'écho émotionnel qu'il peut réveiller en nous ? Au fond : comment comparer des films aux genres et aux styles par définition incomparables ?  J'imagine que chacune des jurées a fait ses propres choix, et en mon âme et conscience, j'ai fait les miens. 

Résultats des votes dans quelques semaines ! 

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