Après le Moulin Rouge, le Lido et le Paradis Latin, je continue ma tournée des cabarets parisiens avec deux camarades de scène. Quelques jours avant le confinement - nous ne le savions pas encore - nous avions rendez-vous avec un autre lieu mythique : le Crazy Horse. 

Mes premiers souvenirs du "Crazy" sont télévisuels : nous regardions en famille la revue du Nouvel an, presque immanquablement suivie - ou précédée - d'un documentaire sur les coulisses du spectacle. Je me souviens notamment des images de l'officier britannique hurlant sur les filles lors de la création de l'iconique numéro God save our bareskin, allusion au bearskin, le couvre-chef de la garde royale de sa majesté.  On peut trouver curieux de regarder ce genre de spectacle en famille, mais, élevée au contact des oeuvres d'art classique et de la photographie, le nu - pourvu qu'il soit artistique - ne m'a jamais choquée. 

Royal guards numéro cabaret crazy horse - God save our Bareskin

Ce soir-là, nous voilà donc avec mes deux camarades devant le célèbre cabaret pour la revue Totally Crazy, qui réunit les numéros les plus emblématiques de son histoire. Même avec des tickets simples - comprenez sans boisson incluse - nous avons été extrêmement bien placés, à quelques rangs de cette scène toute en longueur. Une scène aux dimensions bien plus modestes que celles des autres grands cabarets parisiens. 

Dès les premiers numéros, un état d'esprit particulier se dessine : à des ensembles très homogènes succèdent des moments où la personnalité de chaque artiste transparaît. Les perruques volent, laissant la place à des crinières brunes, blondes, raides ou frisées, à des visages que l'on ne tarde pas à identifier. Des styles individuels qui s'expriment différemment d'un numéro à l'autre.  

cabaret crazy horse

Si l'on regarde la formation de l'ensemble, d'ailleurs, on ne parle pas vraiment de la troupe du Crazy horse : chaque artiste est identifiée par un nom de scène, que l'on retrouve sur le programme en face de chaque numéro. Et sur les murs du cabaret s'étalent le nom de toutes celles qui ont foulé ce plateau depuis 1951.

Ce qui me frappe également, c'est un paradoxe : l'esprit est beaucoup plus sexy, les corps plus dénudés que dans les autres cabarets, et pourtant, je m'en suis à peine rendue compte. Ce qui m'a semblé dominer l'ensemble, c'est un je ne sais quoi de pétillant et mutin - jamais vulgaire - qui se double d'une vraie créativité dans la variété des numéros et dans leur mise en lumière. Certes, les corps sont souvent dépourvus de vêtement, mais ils ne semblent pas nus : la lumière qui les habille et les sublime.

 numéro baby buns cabaret crazy horse

Côté numéros, si le show s'ouvre sur l'incontournable God save our bareskin, on y retrouvera aussi But I am a good girl popularisé par Polly Underground, ou encore U turn me On, célèbre pour ses barres de pole dance et ses perruques fluo.

J'ai également eu un vrai coup de coeur pour la poésie des ombres chinoises de Philippe Beau, artiste invité de ce soir-là, et l'aspect graphique de Upside down, avec ses effets de miroirs. 

Des sensualités magnifiées par la lumière, des paillettes, du peps, de la créativité, et une légèreté communicative : vous l'aurez compris, mes camarades et moi avons passé une soirée spectaculaire ! 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 5/5  

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