Folies Gruss Affiche

Bois de Boulogne - Paris 

Jusqu'au 23 février 2020 

 

Le cirque, pour moi, est toujours un retour à l'enfance, et je ne manque jamais une occasion d'y aller. Aussi, lorsqu'on m'a proposé il y a quelque temps une invitation à venir découvrir Les Folies Gruss, nouveau spectacle de la Compagnie Alexis Gruss, je n'ai pu y résister. 

L'invitation s'étendait à trois autres personnes. Mais qui donc emmener avec moi ? Monsieur Lalune souffrait de flemmardite aigüe, et je n'avais pas de mini à y embarquer. J'ai donc fait appel à l'expertise d'un très sérieux critique miniature - appelons-le Moineau - et de sa maman, une amie de - très - longue date. 

Folies Gruss Sirius

Nous voilà donc, une après-midi de pluie, devant le chapiteau où nous accueillent Sirius, un splendide cheval noir, et son cavalier Alexandre, un des nombreux artistes de la famille Gruss que nous allons rencontrer ce jour-là. Ce détail, apparemment anodin dans l'univers du cirque où l'on est enfant de la balle plus souvent qu'ailleurs, ne l'est pas. Car c'est bien cette notion de famille qui sera au coeur de ce nouveau spectacle. 

Après "Quintessence" il y a trois ans, que j'avais trouvé plutôt décevant - une histoire de cohérence d'ensemble et de chanteuse, plus que de qualité des numéros - la Compagnie Alexis Gruss revient avec un spectacle plus intimiste, qui fait rentrer le spectateur au cœur de la troupe. Un concept qui met en avant des relations familiales et artistiques étroitement entremêlées. 

Les spectateurs sont invités à se présenter bien avant le lever du rideau. Ici, dans le petit chapiteau précédant la piste, des animations sont proposées : l'espace kids, qui propose aux enfants une initiation à différentes disciplines du cirque, de la restauration variée ou encore un bar. Je profite du lieu pour sacrifier au rituel de la barbe à Papa - une friandise pour moi intimement liée au cirque - et tente d'y initier le Moineau, sans grand succès... 

Le procédé semble relativement classique de prime abord : faire patienter les spectateurs. Mais ce qui fait l'originalité du concept des Folies Gruss, c'est que ce moment, qui n'est d'ordinaire qu'un temps de transition en attendant le show, est investi par les artistes : de la musique live - les musiciens et la chanteuse que nous retrouverons pendant le spectacle - et des numéros de cirque, au beau milieu de la foule des spectateurs. Jazz, jonglage, numéros aériens, acrobaties, le tout réalisé à quelques mètres de vous, créent une proximité peut-être moins spectaculaire - sécurité oblige - mais plus authentique.

Folies Gruss

Nous passons ensuite sous le grand chapiteau pour profiter du spectacle à proprement parler. La dimension familiale de la troupe, resserrant les numéros autour de la personnalité de chacun de ses membres, s'affirme ici dès les premières minutes. On parle ici de 3 ou 4 générations ensemble sur scène. Même le dernier-né, âgé d'à peine quelques mois, a le droit à son apparition sur la piste. Une mise en avant d'un milieu où art, discipline, passion, travail et vie personnelle s'entremêlent. 

Les numéros se succèdent, et ce qui me frappe, ici, c'est leur technicité, mais plus encore de voir à quel point ces artistes ont intégré plusieurs disciplines . Musique, jonglage, acrobaties, clown, numéros aériens : à une douzaine, ils font tout eux-mêmes. C'est très impressionnant - et émouvant - de les voir travailler ensemble, plusieurs générations sur la même piste.

On imagine aisément combien cette proximité doit être à la fois rassurante et lourde à porter par moments. Une fierté d'appartenir à quelque chose de plus grand, que l'on sent vibrer chez tous les artistes en scène, qu'ils fassent partie de la famille par les liens du sang, ou qu'ils aient choisi d'en épouser le destin par amour. 

J'ai vraiment aimé ce spectacle en tout points. La magie du cirque, la beauté des numéros, l'ambiance musicale aussi, avec un orchestre et une chanteuse avec une belle énergie, tout y est ! La proximité qui existe entre les artistes et celle qu'ils réussissent à créer avec le public pendant l'avant-spectacle nous les rend plus humains, et renforce encore l'admiration à les voir en scène. C'est beau, c'est spectaculaire et ça donne envie de partager quelque chose d'aussi fort. 

Et le Moineau alors ? Qu'en a-t-il pensé ? Il a montré un grand intérêt pour la musique, mais ce qu'il a préféré, je cite, c'est "le monsieur sur l'échelle, le mini-poney, les chevaux qui se mettent debout et le monsieur qui saute d'un cheval sur le deuxième cheval

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 5/5

Plus d'informations : https://www.folies-gruss.com/

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