Il y a quelques semaines, je sentais, avant même le début des représentations du Chanteur de Mexico et des Mousquetaires au Couvent, que la fin de cette période chargée d'émotions, de musique, et de partage conduirait à une inévitable déprime de fin de spectacles. Aussi, avais-je décidé d'essayer de laisser ce blues à Paris et de partir ailleurs, me changer les idées. J'avais très exactement trois jours et deux nuits pour m'offrir une escapade en solo.

Florence, où je ne suis jamais allée, semblait me tendre les bras, mais les prix et les horaires des vols auraient réduit mon séjour comme peau de chagrin. Après diverses recherches et hésitations, c'est finalement sur Milan que j'ai jeté mon dévolu: une ville dont je ne connaissais quasiment rien et où j'avais bien l'intention de passer un séjour tranquille, loin des journées marathon culturels que je m'impose d'ordinaire lorsque je voyage seule.

 

Transports

De l'aéroport au centre-ville

Si votre vol pour Milan arrive à l'aéroport de Milan Malpensa, vous constaterez qu'il est à quelque 40 kilomètres du centre-ville. Vous pouvez toujours prendre le taxi, mais le voyage tourne autour des 90€ et dure environ une heure. Aussi, si vous préférez dépenser cet argent autrement, deux moyens de transport principaux s'offrent à vous pour rejoindre la gare centrale de Milan :  

  • le bus : 8€ et environ une heure de trajet, départ toutes les 20 minutes

  • le train : 13€ et environ une heure de trajet, départ toutes les demie-heures

Me méfiant de l'état du trafic routier aux abords d'une grande ville, j'ai préféré la seconde option, mon hôtel étant à une quinzaine de minutes à pied de la gare centrale. Si votre hébergement est plus proche de l'Ouest de la ville, un autre train, plus rapide, vous déposera pour le même prix, en une demie-heure seulement, près du Château des Sforza.

L'accès à la gare depuis le terminal de l'aéroport est bien indiqué, et je n'ai pas eu de difficulté particulière à prendre mon billet - les bornes sont multilingues - ni a trouver le bon train, le système étant similaire à celui que nous connaissons en France.

 

Transports en commun à Milan 

Milan dispose d'un système de transports en commun efficace, alliant trains, métro et bus, sans oublier les trams, mêlant à la fois appareils modernes et rames anciennes au charme d'antan. Le billet à l'unité vous coûtera 1,50€ et un ticket illimité pour la journée 4,50€. Il est plutôt aisé de se déplacer dans la ville à pied et en métro. Rien de très dépaysant, à condition de prendre en compte une distance plus grande entre les stations qu'à Paris, par exemple.

 

Hôtel Sanpi

Comme dans toutes les grandes villes, l'offre hôtelière ne manque pas à Milan. Après recherches et hésitations, j'ai jeté mon dévolu sur l'hôtel Sanpi.

Chacun a ses petites préférences quand il s'agit de choisir un hôtel. Pour ma part, je considère toujours en premier la situation géographique, pour se déplacer facilement, spécialement lorsque le séjour est court. 

L'hôtel Sanpi est situé à une quinzaine de minutes à pied de la gare centrale d'une part et une vingtaine de minutes à pied du centre-ville historique, il se trouve également à 5 minutes à pied des lignes 1 et 3 du métro qui conduisent en quelques stations au Duomo ou au Château des Sforza. 

Et puis, il y avait là les services et petit plus auxquels je tiens, et qui me font vraiment sentir en vacances : 

  • le petit-déjeuner inclus : un de mes plaisirs coupables étant d'y rester attablée indéfiniment 

  • la présence d'une baignoire : un must, quand on a qu'une douche à la maison

  • une bouilloire : pour pouvoir boire un thé dans mon bain, ou en écrivant mes posts en fin de soirée. 

Mais ce qui m'a vraiment conquis, lors de mon séjour, c'est la gentillesse du personnel, à l'accueil, comme au bar. A l'écoute des moindres questions, discutant en anglais ou en français, mais aussi faisant preuve d'une infinie patience lorsque j'essayais de m'exprimer en italien. Un accueil chaleureux, vraiment aux petits soins. 

 

Les lieux incontournables

D'ordinaire, lorsque je voyage - particulièrement en solo -  je liste à l'avance les endroits à visiter et organise un planning assez serré pour voir un maximum de choses. Cette fois-ci, étant partie sans rien prévoir, davantage pour me promener et me reposer, je me suis contentée de visiter les monuments les plus emblématiques de la ville.

 

Le Duomo 

Reconnaissable à sa silhouette à nulle autre pareille, le Duomo - la cathédrale de Milan - trône en majesté sur la place centrale. J'avais lu quelque part qu'il s'agissait d'un bâtiment qu'il fallait absolument voir sous trois points de vue : l'extérieur, l'intérieur, et depuis ses terrasses. Comme toutes les choses que l'on peut lire ici ou là, restait la question : s'agissait-il d'un conseil plutôt touristique ou les terrasses méritaient-elles vraiment le détour ?

Finalement, je me suis décidée à explorer ces trois points de vue. Après tout, les vacances sont les vacances, et pour une fois que je joue les touristes au lieu de les guider, autant jouer mon rôle comme il se doit! Je me suis donc penchée sur l'acquisition du ticket d'entrée à la cathédrale.

 

Les tarifs du Duomo proposent plusieurs options, en tickets simples, ou en "pass"

  • Ticket simple intérieur cathédrale : 3€

  • Ticket simple terrasses (montée à pied) : 10€ (compter 3€ supplémentaires pour la version avec ascenceur)

 

Pour 13€, j'ai donc préféré opter pour le Pass "stairs", qui pour le même prix que deux tickets simples intérieur / terrasses, me permettait de voir:

  • intérieur

  • terrasses (à pied)

  • zone archéologique

  • musée de la cathédrale

  • église San Gottardo

 

Je n'ai pas profité de l'intégralité des possibilités offertes par le pass - les horaires et jours de fermeture de certains lieux ne me l'ont pas permis - mais j'en ai tout de même vu un peu plus qu'avec les tickets simples. 

Au bout des 250 marches qui mènent aux terrasses de la cathédrale, je n'ai pas regretté la montée. La vue sur les arcs-boutants de la cathédrale est vraiment incroyable, et il n'est pas étonnant que certains évoquent la vision d'une "forêt de piliers" 

L'intérieur de la cathédrale est tout aussi impressionnant, avec des rangées de colonnes dont la monumentalité surprend, dès l'entrée. On y remarquera également une très singulière statue de Saint Bartolomé écorché, de beaux vitraux, et une chapelle où reposent les restes de Saint-Charles Borromée dans un cercueil de verre. Avec le pass, j'ai également eu accès à la zone archéologique présentant les restes des bâtiments précédant le Duomo sur le même lieu. 

 

La Galerie Vittorio Emmanuele II  

Un incontournable de Milan et lieu - oserai-je ? - hautement instagrammable. Une galerie monumentale aux dimensions beaucoup plus impressionnantes que je ne l'imaginais, dont la coupole culmine à 40m de hauteur. A titre de comparaison, on est assez proche de celle du Grand palais qui s'élève à 45m (sous coupole sans compter le clocheton). 

La galerie abrite cafés huppés, librairies mythiques et boutiques de luxe, mais également l'office de tourisme de la ville, assez discret, étant passée deux fois devant sans le voir alors que je le cherchais. Et si vous aimez sacrifier aux légendes, vous pourrez aller faire tourner vos talons trois fois sur les testicules du taureau représenté sur les mosaïques au sol. Il paraît que ça porte bonheur ! 

 

La Scala 

Pour les passionnés d'opéra, impossible de faire l'impasse sur ce lieu mythique où de nombreuses oeuvres parmi les plus célèbres du répertoire lyrique ont été données pour la première fois. Comment ne pas ressentir un petit quelque chose en imaginant ces couloirs que les compositeurs les plus prestigieux ont arpenté, et ces planches que les plus grands interprètes de tous les temps ont foulé.  Autant vous dire que je brûlais d'envie de m'y offrir une soirée. Mais comment ? 

J'avais consulté le site de la Scala avant de partir, pour voir si, par miracle, il ne restait pas quelques places abordables. Chou blanc. En revanche, quelques lignes avaient attiré mon attention : pour chaque représentation, 140 places de galerie sont vendues en dernière minute au prix unique de 14€. J'ai donc lu attentivement le détail du process, et décidé de tenter ma chance. 

Tout d'abord, il faut se rendre à la Scala, se mettre dans la file d'attente devant la porte de la boutique... et être dans les 140 premiers. A 13h les jours de représentation, les membres de l'association chargée d'organiser cette vente de dernière minute viennent relever les noms, pièce d'identité à l'appui (pour éviter les "trafics" de place). Je suis arrivée à 12h15, par précaution et il y avait déjà un peu de monde, mais j'étais 26e. J'imagine qu'en période touristique ou lorsque des stars figurent à la distribution, on peut prévoir d'arriver encore un peu plus tôt. 

On vous demande ensuite de revenir à 17h30, heure à laquelle on procède à une distribution de contremarques : les noms figurant sur la liste établie à 13h sont appelés, dans l'ordre, et chaque personne - après vérification à nouveau de la pièce d'identité - se voit distribuer un papier donnant droit à l'achat d'une unique place. Il faut ensuite encore attendre jusqu'à 18h (heure d'ouverture de la billetterie) pour acheter sa place à proprement parler.

Autant vous dire qu'avec mon billet en main, j'étais plutôt émue de pénétrer dans cette salle mythique. Pas d'entrée par la grande porte pour les spectateurs de la galerie, mais par une autre, plus modeste, sur le côté, dotés d'escaliers tout simples, mais où s'exposent des affiches originales qui font rêver. Un reliquat de l'époque où il était hors de question que la bonne société assise dans les loges croisât les spectateurs moins fortunés de la galerie. 

Bien sûr, à ce prix-là, les places sont à visibilité réduite, mais je me suis trouvée plutôt chanceuse sur ce coup-là : pas de pilier dans mon champ de vision, un placement en face de la scène, et finalement, en me mettant debout, j'ai vu quasiment toute la mise en scène. Et quel plaisir ! Une superbe acoustique, des dimensions idéales pour la voix. J'ai ressenti une émotion toute particulière à être dans cette salle mythique qui a vu la création d'oeuvres comme Norma, Nabucco, Otello ou encore Madame Butterfly, pour ne citer que les plus célèbres. Pour moi, c'était vraiment magique ! Et cela valait largement le temps d'attente ! 

Si vous n'avez pas le temps, l'envie, ou la chance d'obtenir une de ces places, il est également possible de visiter en journée le musée de la Scala, qui vous permet de partir à la découverte des lieux et des artistes qui ont fait sa légende, mais également d'admirer la salle de spectacle. 

 

Le Castello Sforzesco

Littéralement "Château des Sforza", cette forteresse bâtie par la puissante famille dont elle porte le nom, et consolidée par Léonard de Vinci, a été le lieu de l'une des cours les plus florissantes d'Italie - et même d'Europe - au 15e siècle, sous le règne de Ludovic Sforza. Il reste finalement assez peu de cette splendeur si ce n'est l'impression de puissance des murs et l'élégance de quelques cours, comme celle de la Rochetta ou la cour Ducale. 

Le château et les cours sont en accès libre, mais, si vous voulez explorer plus avant ce que ces lieux ont à offrir, sachez qu'ils abritent le plus grand centre de recherche sur Léonard de Vinci, et pas moins de trois bibliothèques, ainsi qu'une dizaine de musées : art ancien, pinacothèque, art égyptien, arts décoratifs, musée des instruments de musique, musée du meuble, entre autres. L'ensemble de ces musées est accessible pour 5€, de quoi occuper une demie-journée entière si le cœur vous en dit. 

Parmi les joyaux de ces collections, ne manquez pas la Sala delle Asse, dont le décor d'arbres enchevêtrés est attribué à Leonard de Vinci (et qui était en restauration lors de mon séjour) mais également la Pietà Rondanini. Cette sculpture inachevée de Michel-Ange, exposée à part, mérite le détour comme témoignage du processus de création de l'artiste à la fin de sa vie. 

 

Testé et approuvé : les adresses

Plus l'on voyage, plus l'on constate que certaines habitudes - évidences dirions-nous même - françaises ne vont pas de soi dans d'autres pays - et inversement ! -  de petites choses qui, à l'heure de passer à table, par exemple, peuvent faire grimper l'addition. Mieux vaut donc les avoir en tête avant de choisir son restaurant. Quelques exemples : 

  • Pas de carafe d'eau en Italie. Prenez une bouteille. 

  • Un supplément de quelques euros est facturé dans certains restaurants pour la mise à disposition des couverts et du pain sous l'appellation "pane et coperto". Son montant doit obligatoirement figurer sur le menu. Une tradition italienne héritée de l'époque où certains consommateurs apportaient leurs propres couverts et pain : leur mise à disposition par le restaurant constituait donc un service supplémentaire. 

  • Dans de nombreux restaurants, lorsque vous commandez une viande ou un poisson, l'accompagnement n'est pas compris.  Si vous le souhaitez, il vous faudra donc en choisir un - sous le dénominatif "contorno", à la carte. Compter entre 4 et 8 euros supplémentaires selon les restaurants et le type d'accompagnement. 

Ayant préparé le voyage à la dernière minute, je suis partie avec assez peu d'adresses à essayer dans mes bagages. Sur place, la recherche s'est compliquée parce que, prenant mon temps, j'ai eu tendance à me vouloir déjeuner à l'heure où les restaurants avaient déjà fermé leurs portes, ou pas encore ouvert pour le soir. J'ai essayé de slalomer entre les adresses trop touristiques, ou trop chic. En bref, je cherchais comme d'ordinaire, du simple, mais bon. Une quête qui s'est avérée plus complexe que prévue... mais pas désespérée ! Les adresses qui suivent ne couvrent pas forcément les spécialités que j'on s'attend à déguster à Milan, mais j'y retournerais les yeux fermés !

 

Pescetto : 

Un de mes péchés mignons, c'est la friture de poisson et fruits de mer. Un goût hérité de mes années d'enfance en Espagne, et par la frustration, de retour en France, de ne plus trouver ces plats que sous forme industrielle congelée dans la plupart des restaurants. Aussi, quand au détour d'une recherche internet, je tombe sur l'adresse de Pescetto accompagnée d'images de calamars et crevettes frits, je n'ai pu résister à la tentation d'aller y jeter un oeil... et un coup de dent ! 

Situé dans le quartier moins touristique mais a priori assez chic de Moskova, Pescetto propose un concept simple et efficace : il s'agit d'une simple poissonnerie où vous choisissez votre produit, que vous payez au poids, puis le mode de préparation. Vous pouvez ensuite demander à l'emporter ou déguster votre plat sur place. Pour ma part, j'ai opté pour un menu à 10 euros, comprenant une friture de calamars et crevettes, l'accompagnement et une boisson. Une ambiance sans chichis, où mon italien rudimentaire a été mis à l'épreuve - on entre dans du vocabulaire un peu spécifique - mais où la bonne humeur et l'amabilité ambiante ont achevé de me conquérir. Et dans l'assiette, tout ce que j'aime :  frais, cuit minute, simple et bon. 

Pescetto : Via Alessandro Volta, 9 

www.facebook.com/ilpescetto

 

Ciacco 

Je suis plutôt du genre bec sucré, et lorsque je suis en Italie, plus qu'ailleurs, un bon glacier est toujours un incontournable. Ici, dans le centre de la ville et sur la place du Duomo il y a plusieurs enseignes devant lesquelles les files d'attente s'étirent. Des noms dont certains existent aussi à Paris, proposant tellement de saveurs différentes et des glaces tellement gonflées que je décide de passer mon chemin. En matière de glaces, je commence à devenir exigeante - qui a dit snob? -  et c'est à peine plus loin que je décide de tenter ma chance, chez Ciacco "gelato senz'altro" littéralement "de la glace, et rien d'autre". En d'autre termes : sans additifs. 

La liste des saveurs est courte - en général c'est plutôt bon signe - et on y reconnaît des origines italiennes réputées lorsqu'il s'agit de pistache, d'amande ou de noisettes par exemple. Une glace à la courge attire mon attention, mais je suis d'humeur classique ce jour-là. J'opte pour un petit pot où je peux mettre deux goûts. Ce sera pistache et fior di latte - littéralement fleur de lait, une glace "nature", si l'on veut, faite simplement de lait et de crème fraîche. Une façon pour moi de tester la base des produits, en quelque sorte.   

Quelques tables sont disponibles dans la boutique, et je décide de m'y installer. La saveur fior di latte est convaincante, la texture agréable, le goût légèrement acide de la crème est tout ce que j'attendais. La pistache, quant à elle, est une tuerie absolue ! Le prix, est tout doux - en tout cas d'après mes références parisiennes pour le même type de produit - 2,50€ le petit pot de deux boules.  De quoi donner envie d'y retourner plus que de raisonnable. 

Ciacco : Via Spadari, 13 

 www.facebook.com/ciaccogelato

 

Gelato Giusto  

Encore un glacier, me direz-vous ? On ne se refait pas ! 

Situé dans le quartier de Buenos Aires à Milan, loin de l'agitation touristique, Gelato Giusto est de ces adresses sur lesquelles on ne tombe pas par hasard. Il faut savoir où elles se trouvent pour y arriver. Pour ma part, j'avais décidé de mettre à profit mon retour vers la gare centrale de Milan pour faire une dernière escale gourmande avant de reprendre le train pour l'aéroport. Une toute petite boutique, une clientèle familiale, et tout un tas de prix qui s'affichent sur la vitrine. Une liste ramassée de saveurs italiennes classiques plutôt de bon augure. 

J'opte pour une glace au chocolat - le test ultime, tant cette saveur est souvent quitte ou double - et pour la glace du jour, ricotta / miel / noix. Le prix pour le petit pot : 2,50€. Je déguste mon goûter glacé dans un petit parc tout proche où les familles se croisent, et où les enfants - aussi gourmands que moi - semblent aussi conquis que moi par cette glace. Le chocolat est intense juste comme il faut, sans amertume, et mon autre saveur, onctueuse et délicatement sucrée de miel, avec des morceaux de noix, est également excellente. 

Gelato Giusto :  Via San Gregorio, 17

www.facebook.com/gelatogiustomi

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