Affiche exposition Game à la fondation EDF

Exposition à la Fondation EDF 

Du 1er mars au 27 août 2017 

Partageant la vie d'un geek depuis déjà un certain nombre d'années, je me suis naturellement peu à peu familiarisée avec le thème des jeux vidéos, et tout l'univers qui va autour. Au fil du temps, j'ai même fini par m'y intéresser d'un peu plus près et aujourd'hui, sans être une joueuse invétérée, il m'arrive à l'occasion de perdre une journée de repos à résoudre des énigmes ou à tataner du monstre. 

 

L'exposition Game, qui se tient à la Fondation EDF jusqu'à fin août, propose de redécouvrir les ancêtres du jeu vidéo moderne, mais également de montrer comment il a peu à peu fait rentrer dans notre vie - et dans nos salons - un certain nombre de technologies. Un voyage dans le temps qui s'effectuera à rebours, en commençant par aujourd'hui. 

C'est donc par les jeux les plus récents, ainsi que par le e-sport, que nous débutons cette plongée vidéoludique. L'occasion pour le commissaire d'exposition de rappeler à quel point les tournois professionnels n'attirent en France qu'un public de niche, quand ils sont diffusés en prime-time à la télévision en Corée, par exemple. Un marché aux perspectives alléchantes sur lequel de nombreuses entreprises sont en train de se positionner : sans aucun doute un sujet à surveiller de près dans les années à venir. 

Au fond de la première salle, on découvre la chambre rêvée d'un jeune joueur - ou d'une jeune joueuse - de la fin des années 80, qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère très rétro de Stranger Things. Et puis, à droite du visiteur, la dernière salle du rez-de chaussée pose la question qui fâche : Le jeu vidéo est-il un art ? 

Sont ici placés côte à côte, sans prise de position quelconque, une série d'images extraites de jeux de toutes époques. Sur certains, la grosseur des pixels laisse peu de place à un quelconque réalisme. Sur d'autres, en revanche, la qualité des textures et des détails rend l'image proche de la photographie. Alors ? art ou pas art ? L'exposition laissera au visiteur le choix de répondre individuellement à cette question. 

C'est à l'étage supérieur que nous mènent ensuite nos pas. Dans le couloir, quelques affiches promotionnelles rappellent à quel point les années 80 et 90 osaient tout - et aimaient probablement davantage les jeux de mots douteux - comme en témoigne une publicité pour le jeu de course Trick Style avec Rocco Sifredi posant nu, si, si ! 

Arrivés au premier étage, nous voilà remontant plus loin dans le temps, à la découverte des tous premiers jeux vidéos sur oscilloscope. Le tout premier du genre a été conçu pour divertir les visiteurs d'un laboratoire le jour des portes ouvertes : qui aurait cru à l'époque, que l'on tenait là les prémices de l'une des industries culturelles les plus rentables au monde ? 
 

Une vingtaine d'autres jeux entre les années 60 et 2000 sont ensuite mis à disposition des visiteurs. Pour ma part j'ai été ravie de retrouver Sonic - l'un des seuls jeux de mon adolescence qui ait parvenu à franchir la demeure familiale avec dix ans de retard -  mais aussi de découvrir des jeux, plus anciens. Certains fleurent bon le contexte de la guerre froide : lors de mes quelques parties de Missile command j'ai malheureusement échoué à détruire une pluie de missiles avant qu'ils ne s'abattent sur ma ville. Et je n'ai pas eu davantage de chance avec les extraterrestres de Space Invaders ! 

Après quelques minutes de lutte acharnée sous les caméras de Game One - je vous dis pas la fierté d'annoncer ça à mon geek en rentrant à la maison, même pour deux secondes à l'écran - j'ai finalement laissé la planète aux mains des envahisseurs pour poursuivre ma visite. Un petit tour au fond de la salle pour retrouver les différents sortes de manettes, pistolets, figurines et instruments de musique qui ont pu permettre d'interagir avec la console au fil des années, et me revoilà reprenant l'escalier pour rejoindre le sous-sol, où l'on nous a promis quelques surprises... 

 

Et pour une surprise... en voilà une bonne ! Nous sommes invités à pénétrer dans une curieuse salle bleue où nous allons pouvoir expérimenter le jeu Eagle Flight au moyen d'un casque de réalité virtuelle. Sensations fortes garanties. Le commissaire d'exposition assume : "le jeu vidéo a toujours eu un côté "objet de foire", il a souvent servi de médiateur en faisant connaître au plus grand nombre de nouvelles technologies. Par exemple, si vous aviez demandé il y a deux ans à quiconque de vous expliquer ce qu'était la réalité augmentée, peu de gens auraient pu vous répondre. Avec le succès de Pokemon Go, cette technologie est devenue plus visible, plus palpable, pour des centaines de millions de personnes". 

J'avais déjà essayé un casque un technologie virtuelle il y a quelques années lors de l'exposition VidéoGame Story, mais, si l'immersivité était déjà impressionnante, on ne nous avait pas vraiment laissé l'occasion de jouer. J'attends donc ici mon tour avec impatience, trépignant comme une gamine devant un manège. Quand vient mon tour, l'opérateur m'équipe : casque pour les images, deuxième casque pour le son, manette en main pour le lancement de l'aventure. C'est parti pour quelques minutes de vol au dessus d'un Paris virtuel où la nature a repris ses droits. Quelques secondes d'incertitude - le temps de me demander s'il est possible d'être sujette au vertige alors qu'on a bien les pieds sur terre - et c'est parti ! L'immersivité est vraiment incroyable, et la navigation s'effectue en inclinant la tête, de façon relativement intuitive. Mis à part un immeuble haussmanien en ruines percuté au décollage, le reste de mon vol se déroule sans encombre : et planer entre les pieds de la tour Eiffel est tout simplement magique !  

 

C'est donc avec regret que dois redescendre sur terre pour céder la place à un autre visiteur. Petit détour du côté de la salle dédiée aux serious game - qui peuvent vous aider à acquérir des gestes techniques ou à arrêter de fumer, par exemple - et j'achève ma visite par un documentaire consacré à l'image du jeu vidéo véhiculée depuis les années 90 par la télévision.

Et le petit écran de poser toute une série de questions anxiogènes : le jeu-vidéo rend-il les joueurs violents? les enfants moins intelligents ? Sonne-t-il le glas de la culture ? Autant d'accusations récurrentes auxquelles ont fait face en leur temps de nombreux courant musicaux, mais également la bande dessinée, le cinéma, et ironiquement... la télévision elle-même !  

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5 

 

Entrée libre 

Plus d'information sur le site officiel de la Fondation EDF 

 

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