La Belle et la Bête

Publié le 24 Mars 2017

 

De Bill Condon

 

Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant victime d'une terrible malédiction.

 

 

 

 

 

 

La Belle et la Bête de 1991 a fait partie des films cultes de mon enfance. Cet immanquable rituel des vacances de Noël, auquel chaque année se livraient mon oncle et ma tante, emmenant la fratrie au cinéma. Pour être honnête, je ne suis pas sûre aujourd'hui d'avoir effectivement découvert la Belle et la Bête sur grand écran, mais c'est le souvenir que j'en ai : la salle de bal, la scène du dîner, ou encore la découverte de la bibliothèque, à laquelle j'ai depuis comparé toutes celles que j'ai pu visiter. Alors en apprenant que Disney s'attaquait à en refaire un film en "live action" - comprenez avec de vrais acteurs et non pas un dessin animé - j'étais partagée entre crainte et attente : le procédé avait révélé des résultats très divers allant du très convaincant Livre de la Jungle, jusqu'au plus décevant Cendrillon

 

C'est donc dans cet état d'esprit que j'ai découvert cette nouvelle version de La Belle et la Bête, avec Emma Watson dans le rôle de Belle et Dan Stevens - Matthew de Downton Abbey - dans le rôle de la Bête. Un casting qui comprend aussi quelques surprises, comme ces acteurs prêtant leurs voix aux domestiques du château - transformés en objets - et que l'on ne reconnaît qu'à la fin. Les premières images du film, savamment distillées par Disney au cours des mois précédant la sortie, ont beaucoup capitalisé sur la nostalgie de la version 1991, avec des visuels semblant reproduire exactement l'original. 

 

 

Pendant toute la durée de la projection, deux sentiments opposés ont cohabité en moi : au regard forcément plus critique de l'adulte, s'est immanquablement mêlé le plaisir de retrouver l'univers magique de mon enfance. Concrètement, cette version s'avère plus ou moins une copie du film original, auquel on a tenté de greffer quelques éléments supplémentaires, qui malheureusement, n'apportent pas grand-chose, ni à l'histoire, ni à la psychologie des personnages. 

 

Mais quel besoin de saupoudrer ces informations sur le passé des personnages sans prendre le temps de les creuser pour leur donner une importance quelconque? Belle, qui ne se voit ni épouse, ni mère, est un peu remise au goût du jour, et rêve surtout d'émancipation. Mais le changement le plus notable selon moi, est le point de vue différent apporté au personnage de LeFou : Disney,  a révélé, il y a quelques semaines, en avoir fait le premier personnage gay de son histoire. Au-delà de la vaine polémique que cette annonce suscite dans certains pays, il est intéressant de voir à quel point ce seul élément apporte du sens à sa relation de fascination pour Gaston. 

 

 

Cette Belle et la Bête coche toutes les cases immanquables du côté des numéraux musicaux, avec une réussite certaine : la scène de la taverne, la salle de bal, le dîner animé par Lumière et toute la vaisselle, fonctionnent sans l'ombre d'un doute, me mettant un sourire régressif aux lèvres et quelques étoiles dans les yeux. Les images sont belles, les effets spéciaux convaincants, et de nombreux dialogues et gags - qu'on aurait peut-être préférés renouvelés - sont issus de l'original. Certains ajouts musicaux sont quant à eux plutôt discutables, et les scènes jouées comportent quelques ratés, ces moments gênants où l'on sent la volonté du scénariste de faire avancer certaines choses, mais qui s'avèrent bancals.

 

Un verdict en demi-teinte, donc, de mon côté. D'un côté, pourquoi refaire - mis à part pour des considérations financières - un film culte, en y apportant si peu ? D'un autre côté, l'ensemble est visuellement convaincant et pas déplaisant à voir pour autant. Aussi délicieusement régressif par moment qu'inutile à d'autres. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5 

 

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