Roméo et Juliette

Publié le 11 Février 2017

De Charles Gounod 

Au Metropolitan opera de New York 

En retransmission en direct via Pathé live 

 

Direction musicale : Gianandrea Noseda

Mise en scène : Bartlett Sher

 

Distribution 

Juliette : Diana Damrau

Roméo : Vittorio Grigolo

Mercutio: Elliot Madore

 Frère Laurent : Mikhail Petrenko

Stéphano : Virginie Verrez 

 

 

 

 

Vous connaissez ma passion pour Shakespeare, passion qui peut devenir un chouïa obsessionnelle lorsqu'il s'agit de Roméo et Juliette. J'ai découvert cette oeuvre à l'âge de 10-11 ans, et depuis, je n'ai eu de cesse d'en visionner toutes les versions possibles et imaginables qui ont pu passer à ma portée : théâtre, ballet, cinéma, opéra, peinture, musique, tout y passe! Ici même, sur ce blog, plusieurs articles en témoignent (ici, ici, ou encore ici par exemple...) 

 

Aussi, lorsque j'ai vu que le Metropolitan Opera de New-York donnait cette année le Roméo et Juliette de Charles Gounod, la tentation - théorique - aurait été grande de faire un tour outre-Atlantique, d'autant que la distribution avec Vittorio Grigolo et Diana Damrau augurait du meilleur. Mais les conditions financières et temporelles n'étant de toutes façons pas réunies, je m'étais contentée d'enregistrer l'information sans y donner suite. Et puis, en préparant un article sur les différentes offres permettant de voir des opéras au cinéma - à venir bientôt - j'ai découvert que cette production serait retransmise au cinéma via l'offre Pathé Live. Inutile de vous préciser que j'ai sauté sur cette occasion pour ainsi dire inespérée ! 

 

 

Me voilà donc installée au Gaumont Opéra, avec une place numérotée, pour découvrir cette production. La salle est pleine à craquer, et à vrai dire, la plupart des spectateurs ne s'intéressent guère aux propos de la présentatrice, mais peut-être est-ce un problème de compréhension de l'anglais, l'ensemble des entretiens n'étant pas sous-titrés. Toujours est-il que pour ceux qui, comme moi, souhaitent profiter de ces à-côtés offerts par les séances cinéma, c'est assez frustrant. Le noir se fait, et les conversations se taisent, enfin. 

 

L'ouverture, grandiose, s'élève, et le plateau laisse apparaître une grand-place bordée d'arcades comme il y en a dans de nombreuses villes italiennes. Le choeur, grave et solennel pendant le prologue, se mue soudainement en une foule en liesse quand retentissent les premiers accords de la fête donnée par les Capulet. Les costumes, superbes, évoquent davantage le 18e siècle que la Renaissance, et la tentation est grande de se croire transportés à Venise, ville des plaisirs et du carnaval. 

 

 

J'ai une tendresse toute particulière pour cet opéra parce qu'il s'agit des amants de Vérone, bien sûr, mais aussi parce qu'il est très fidèle à la tragédie de Shakespeare, jusque dans les textes. La mise en scène de Bartlett Sherm'a surpris par certains aspects, et, bien qu'en apparence classique, elle recèle beaucoup d'idées qui m'ont particulièrement plu car elles vont toujours dans le sens du drame. Le résultat est flamboyant, avec des combats à l'épée chorégraphiés qui nous feraient presque oublier que nous sommes au spectacle. 

 

Le couple formé par Diana Damrau et Vittorio Grigolo fait des étincelles tant l'alchimie scénique entre les deux chanteurs est incandescente. La soprano allemande, qui incarne pour la première fois le rôle de Juliette, confirme sa très grande expressivité, que j'avais déjà remarquée l'an dernier au cours d'une Lucia de Lammermoor en version concert, au théâtre des Champs-Elysées. Je découvre ici son intensité de jeu, qui semble d'un naturel étonnant pour un art aussi artificiel qu'est l'opéra. Quant à Vittorio Grigolo, fidèle à lui-même, il s'investit entièrement, quitte à en faire parfois trop, tendance que je lui pardonne de bon coeur étant donné le personnage et tant l'intention paraît sincère. 

 

 

Une production superbe, et une émotion crescendo qui prévoyait un final en apothéose, dont nous avons malheureusement été privés à Paris pour cause de problèmes techniques mais dont les New-Yorkais ont sans aucun doute profité. En effet, la transmission a souffert de multiples ratés de son et d'image pendant tout le dernier acte qui ont fait quelque peu retomber la magie. Je suis rentrée à la fois émerveillée par ce début de soirée, et d'autant plus frustrée d'avoir été privée de pans entiers de la scène finale. Les aléas de la diffusion live ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4,5/5

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