Ongoing reflection - you, me, so many

Publié le 5 Novembre 2016

Exposition de Tarik Kiswanson 

Au collège des Bernardins 

Du 14 octobre au 18 décembre 2016

 

Vous ne le savez peut-être pas - pas encore, du moins - mais j'ai toujours eu quelques réticences avec l'art contemporain. Non pas que je sois de ceux qui ne jurent que par l'art de la Renaissance ou du 19e siècle, mais plutôt que, selon moi, qui dit art dit dimension esthétique. Or, au cours du 20e siècle, ce facteur s'est peu à peu effacé au profit d'une vision plus conceptuelle de l'art, dans laquelle la beauté n'est plus essentielle, et où elle peut donc disparaître au profit de la provocation et du questionnement. Et c'est donc là où commence ma discorde avec l'art contemporain. 

 

J'ai donc un peu hésité avant de me décider à accepter l'invitation pour venir découvrir cette exposition de Tarik Kiswanson. Il me semblait que mon passif avec l'art contemporain me rendait illégitime à l'évoquer dans ces pages. Et puis, finalement - vous me connaissez - je n'ai pu résister à l'opportunité de découvrir quelque chose de nouveau, et c'est avec curiosité que j'ai passé la porte du Collège des Bernardins. Un lieu où je n'avais jamais mis les pieds non plus : l'occasion de faire d'une pierre deux coups. 

 

En pénétrant dans l'ancienne sacristie, où se tient l'exposition, l'impression est assez curieuse : trois installations sont ici présentées, et il m'a semblé de prime abord qu'il s'agissait de sortes de méduses métalliques suspendues au plafond. Et puis, en observant mieux, on remarque que leur constitution est plus complexe qu'elle n'y paraît  : chaque oeuvre est composée de lamelles de métal poli reflétant les alentours à la manière d'un miroir. Et plus les lamelles sont larges, moins elles sont nombreuses. A mon grand étonnement, l'ensemble fait écho de façon plutôt harmonieuse aux arêtes des voûtes cisterciennes du lieu. 

 

Mais le plus intrigant, c'est que le visiteur est invité à pénétrer à l'intérieur de ces structures. Au milieu de ces lames polies comme autant de miroirs, la sensation est très étrange, presque irréelle. Le métal que l'on a écarté pour passer devient mouvant, cliquette, et se crée alors une illusion optique générée par un double focus : l'oeil cherche en vain à y voir net entre l'effet miroir des lamelles et le décor autour. C'est très troublant! Et de l'intérieur, l'harmonie de la structure avec le décor devient encore plus évidente. 

 

En sortant, j'étais encore assez confuse, cherchant à mettre des mots sur des impressions encore diffuses, mais dotées de cette dimension esthétique à laquelle je tiens tant. Je ne sais pas si je réussirai un jour à lever totalement mes réticences quelque peu primaires face à l'art contemporain, mais une chose est sûre, cette exposition a sans aucun doute participé à ce cheminement !  

 

Plus d'informations sur le site du collège des Bernardins

 

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