Kubo et l'armure magique

Publié le 6 Octobre 2016

De Travis Knight

 
Kubo, le jeune héros donnant son nom au film, s'occupant de sa mère à l'esprit absent, traversé par quelques rares moments de lucidité. Pour gagner de quoi survivre, Kubo raconte des histoires aux gens du village voisin. Au son de son shamisen - un instrument traditionnel du Japon - ses origamis s'animent, pour la grande joie de son auditoire, captivé par les aventures d'un samouraï en quête de l'armure magique qui lui permettra de vaincre le maléfique roi de la lune. Malgré l'interdiction prononcée par sa mère, Kubo s'attarde un soir dehors après la tombée de la nuit, et va découvrir à ses dépends le secret de ses origines.
 
 

Comme, semble-t-il, pas mal d'adultes de ma génération, j'ai conservé de mon enfance biberonnée aux Disney - mais pas seulement - un certain goût pour les films d'animation. Goût que je partage avec Monsieur Lalune, ainsi qu'une partie de nos amis communs, les "boyz" comme j'aime à les appeler. Une joyeuse bande toujours prête à répondre à une invitation impliquant le Japon, les super-héros ou les films d'animation, éléments pris séparément ou associés. C'est donc tous ensemble que nous avons pris le chemin du cinéma pour découvrir Kubo et l'armure magique.

Kubo confirme le grand retour du stop motion, après l'explosion de la 3D numérique. Le terme stop motion ne vous dit rien? Mais si ! Ce sont des personnages en pâte à modeler, animés à la main image par image : un travail de titan pour chaque minute réalisée. Cette technique, pourtant l'une des plus anciennes du cinéma, confère à Kubo un charme délicieusement régressif dans un univers pourtant résolument moderne dans son esthétique japonisante. N'oublions pas non plus le très beau clin d'oeil fait à l'une des scènes les plus mythiques et les plus anciennes du stop motion : celle de Jason et les Argonautes, combattant une armée de squelettes. Kubo n'en affronte qu'un seul, mais sa taille gigantesque rend la prouesse équivalente. 

 

J'ai tout particulièrement aimé les assassins flottant au dessus du sol, avec leur masque blanc ne trahissant aucune émotion, qui n'ont pas été sans me rappeler quelques mangas animés de mon enfance, mais également l'animation des origamis, tout comme le mélange de situations tour à tour cruelles ou plus légères.

Le scénario, en revanche, souffre parfois de choisir une certaine facilité, quitte à saper lui-même ses propres effets, patiemment construits. Comme si, soudain, un manque d'idée avait contraint les créateurs à recourir à la solution la plus rapide, en mettant à mal la logique de l'ensemble. La résolution de l'histoire, notamment, donne lieu à un dénouement assez peu cohérent et c'est vraiment dommage.

 

S'il faut aller voir Kubo, c'est assurément pour son incroyable animation, qui pallie sans aucun doute à elle seule les quelques faiblesses du scénario. Avec le stop motion, le film puise sa source dans l'une des plus vieilles techniques du genre, de celles dont l'efficacité toujours renouvelée crève encore l'écran.

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

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