J'ai testé pour vous... la danse Bollywood

Publié le 31 Octobre 2016

 

Il y a quelques années déjà que j'ai découvert les films Bollywood, au contact d'amies réunionnaises. Nommés d'après la contraction de Bombay - capitale du cinéma indien - et d'Hollywood, ce type de films se caractérise par une combinaison de plusieurs genres, c'est pourquoi on peut plus précisément parler de Bollywood Masala - masala désignant un mélange d'épices. On y retrouve ainsi des éléments de comédie, de drame, parfois de films d'action, et surtout, une histoire d'amour impossible qui donne lieu à de nombreux numéros musicaux.

 

Du côté occidental, on leur reproche souvent d'appuyer leurs effets de scénario par des mises en scènes appuyées, doublées d'un certain surjeu : en les remettant dans le contexte indien, il s'agit surtout, au départ, de films réalisés en langue Hindi, l'une des 22 langues officielles, sur les 900 que compte le pays. Cette exagération des situations et du jeu permet donc à une majorité de spectateurs de comprendre l'action, quand bien même ils ne saisiraient pas tous les mots des dialogues. Considérés comme des films familiaux en Inde, ils jouent beaucoup sur la suggestion lorsqu'il s'agit de montrer la relation amoureuse, qui ne peut se faire aussi explicite que chez nous. Les personnages ne peuvent s'embrasser - encore que cela évolue un peu aujourd'hui - l'essentiel de la sensualité passe donc par la danse et par certaines scènes dites de "sari mouillé". L'occasion de se draguer ou de se déclarer sa flamme au cours de longs numéros musicaux, impliquant souvent des dizaines de danseurs et des costumes flamboyants s'ils sont traditionnels, plus sexy s'ils sont occidentaux. 

 

 

C'est donc ce mélange de danses traditionnelles du Nord de l'Inde et de culture cinématographique populaire que l'on appelle danse Bollywood. Les chorégraphies, très rythmées, s'effectuent sur les tubes du 7e art indien. Portée par la curiosité, et un peu par l'envie de me prendre, le temps d'un cours, pour une star de cinéma, c'est avec grand plaisir que j'ai accepté l'invitation de l'association Indian Ocean, danse et cultures de l'Inde, à participer à un cours d'initiation à la danse Bollywood. 

 

Nous sommes accueillies par Isuri Wijesekera, notre professeur, et  Arvid Kamala, directeur artistique d'Indian Ocean, au centre de danse Alésia. Les cours ne représentent qu'une petite partie des activités de l'association, dont les artistes se produisent également en spectacle, avec pour fil conducteur de faire découvrir la richesses des cultures des différentes régions de l'Inde. Isuri et Arvid nous offrent pour commencer une petite démonstration, pour nous mettre en appétit. Vous excuserez la qualité des photos, la lumière d'une salle de cours n'étant en aucun cas comparable aux spotlights d'un studio ciné. 

 

 

Et après : c'est à notre tour ! Nous avons 30 minutes pour nous familiariser avec les premiers pas d'une chorégraphie. Même avec une dizaine d'années de danse classique à mon actif - qui commencent à remonter sérieusement -  cela fait longtemps que je n'ai pas foulé un parquet, et à vrai dire, cette technique s'avère différente de tout ce que je connaissais. Première difficulté : le pas de base qui consiste, schématiquement, à frapper du pied droit le sol en levant le genou gauche, en rythme, ce qui donne l'aspect "sautillant" de cette danse. Rien de bien sorcier, sauf lorsque, pour une raison inconnue, vous avez tendance à vous retrouver sans arrêt à contretemps ! Mais une fois le temps bien lancé, et sur le bon rythme, le reste se met peu à peu en place.

 

Comme dans de nombreuses danses asiatiques, la position des mains est également déterminante, car elle souligne souvent la signification du texte de la chanson. Notre mission aujourd'hui sera d'utiliser dans la chorégraphie la représentation du lotus, qui se réalise en déployant les doigts, un peu à la manière d'un éventail. Encore une fois, au calme, tout seul, rien de bien compliqué, sauf qu'en y ajoutant le pas de base et en comptant les temps, le lotus pris dans la chorégraphie finit par se racornir dangereusement. 

 

A tout cela, il faut rajouter l'esprit du texte, de la bonne humeur - on souriiiit - et un peu de prétention, puisque la chanson raconte l'histoire d'une très jolie fille, aguicheuse, mais qui ne laisse aucun homme l'approcher. J'ai beau me rêver dans un sari scintillant et entourée de quelques dizaines de danseurs - pour la frime - les trésors d'imagination employés ne transforment pas vraiment la jeune fille rougeaude et en nage que je vois dans le miroir, en une star de Bollywood. Mais ON Y CROIT ! A la fin de cette séance, fourbue et hilare, j'ai passée un excellent moment , sans prise de tête technique - initiation oblige - avec une danse créée pour faire le show, et incroyablement festive!

 

Si vous souhaitez vous aussi découvrir la danse Bollywood, Indian Ocean propose des cours au centre Alésia le samedi de 14h à 15h. Et si vous cherchez quelque chose de plus terrien et traditionnel, sachez que l'association propose également des cours de Gaana Danpankhutu, une danse du Sud de l'Inde, tous les mardis de 19h à 20h. Pour plus de renseignements, rendez-vous sur leur site

 

Et parce que je n'y résiste pas, je vous quitte sur le titre Radha, qui a servi de support à notre séance. Pure Bollywood : enjoy ! 

 

Commenter cet article