Tarzan

Publié le 14 Septembre 2016

De Davis Yates

 

Après avoir grandi dans la jungle africaine, Tarzan a renoué avec ses origines aristocratiques, répondant désormais au nom de John Clayton, Lord Greystoke. Il mène une vie paisible auprès de son épouse Jane jusqu'au jour où il est convié au Congo en tant qu'émissaire du Commerce. Mais il est loin de se douter que le redoutable belge Leon Rom est bien décidé à l'utiliser pour assouvir sa cupidité…

 

 

 

 

 

 

Ici, nous retrouvons le comte et la comtesse Greystoke - Tarzan et Jane, donc - confortablement installés à Londres, sept ans après leur départ d'Afrique. Dans la grisaille londonienne, ils coulent des jours heureux entre doux souvenirs, corsets et demeures victoriennes. Le roi Léopold II de Belgique, souverain en recherche d'une caution morale pour soutenir ses ambitions coloniales, invite le célèbre Tarzan à retourner sur les terres de son enfance pour y constater - en présence des journalistes nécessaires - les bienfaits de sa mainmise sur le territoire. Refusant d'être utilisé à des fins politiques, Tarzan décline tout d'abord l'invitation, jusqu'à ce que l'ombre d'un soupçon - celui de la réduction en esclavage des tribus locales - le convainque d'y répondre favorablement, pour en avoir le coeur net.

 

L'occasion pour Jane, et lui-même de retrouver la terre qui les a vus naître et grandir, avec ses codes, bien différents de l'austère Angleterre victorienne, et les familles d'adoption qu'ils y avaient laissées. 

 

Depuis Greystoke, en 1984, on avait pas beaucoup parlé de Tarzan au cinéma, à l'exception près de la version de Disney et de quelques parodies. Il faut dire que le sujet s'avère difficile à traiter sans tomber dans la caricature de l'homme-singe ou du sauvage. Et en toute honnêteté, j'avais de grandes craintes pour le résultat au vu de la bande annonce. Comment éviter l'écueil du cliché aussi attendu que craint ? 

 

Paradoxalement, c'est à la fois en rusant, et en gardant un scénario simple que ce Tarzan réussit efficacement à contourner les obstacles les plus évidents. Car au final, il répond à tous les éléments du cahier des charges - le saut de liane en liane, "moi Tarzan, toi Jane", les gorilles, le "cri" - mais toujours en les détournant légèrement, juste assez pour démythifier ces clichés et les dépouiller de leur potentiel de ridicule - au passage, tout ce que la bande annonce oublie de faire, laissant craindre le pire.  Au lieu de narrer de front les événements les plus célèbres, la plupart reviennent sous la forme de souvenirs, procédé certes classique, mais qui permet de découvrir la rencontre entre Tarzan et Jane, par exemple, sans nécessité de l"intégrer pleinement au fil de l'action. Quelques scènes semblent créées tout spécialement pour la 3D - chose qui ne me plaît pas vraiment - mais elles ont le bon goût de s'insérer harmonieusement dans l'histoire sans que l'on aie l'impression d'assister à une séquence "gadget".

 

Alexander Skarsgård campe un personnage aussi à l'aise dans les habits collet-montés du comte Greystoke que dans la steppe et la jungle africaines. Quant à la Jane de Margot Robbie, elle révèle un tempérament bien trempé - surtout dans le contexte de l'époque - bien plus intéressant que la sempiternelle demoiselle en détresse que l'on aurait pu craindre. Et entre les deux personnages, une immense tendresse, qui ne tombe jamais dans la mièvrerie. 

 

Placé dans le contexte de la colonisation du Congo belge, le scénario a également le bon goût de ne verser ni dans l'originalité à tout prix, ni dans les clichés les plus faciles, en optant pour une trame assez simple - une histoire de cupidité et de vengeance - mais efficace, avec des personnages moins manichéens qu'escomptés. Tous ont leur passé, leurs regrets, et jamais le film ne verse dans le moralisme cheap. Comme d'ordinaire, on aime particulièrement Christoph Waltz dans sa capacité à camper des méchants avec toutes les apparences de la courtoisie. 

 

S'il ne brille pas par son originalité - ce qui, avec des personnages comme Tarzan, est probablement la rançon de la crédibilité - le film s'avère un bon spectacle, familial, plus profond qu'il n'y paraît et avec des acteurs convaincants. Cahier des charges rempli ! 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3,5/5

Paradoxalement, c'est à la fois en rusant, tout en gardant un scénario simple que ce Tarzan réussit efficacement à contourner les obstacles les plus évidents.
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Melisaa 12/02/2017 16:36

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