Genius

Publié le 21 Septembre 2016

De Michael Grandage 

 

 

Ecrivain à la personnalité hors du commun, Thomas Wolfe est révélé par le grand éditeur Maxwell Perkins, qui a découvert Francis Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Wolfe ne tarde pas à connaître la célébrité, séduisant les critiques grâce à son talent littéraire fulgurant. Malgré leurs différences, l'auteur et son éditeur nouent une amitié profonde, complexe et tendre, qui marquera leur vie à jamais. 

 

 

 

 

Avouons-le tout de suite, j'ignorais tout de l'écrivain américain Thomas Wolfe, à ne pas confondre avec Tom Wolfe (juste pour vous montrer que je me suis tout de même documentée à l'heure de rédiger cet article). Ce film est donc l'occasion pour moi de le découvrir. 

 

Mais, davantage qu'à l'auteur agité de L'Ange exilé, le film Genius s'intéresse à la relation complexe entre l'écrivain et Maxwell Perkins, son éditeur chez Scribner, premier à déceler le potentiel de son travail. Perkins va ensuite accompagner Wolfe dans son processus d'écriture, de relecture, et tenter de le canaliser. Cette amitié, tantôt fusionnelle, tantôt orageuse va durer pendant près de dix ans, jusqu'à la mort prématurée de l'écrivain à 37 ans. 

Sous les traits de Jude Law, Thomas Wolfe apparaît instable, impulsif, anxieux, égoïste, avec une force de création impossible à contenir. Le discret Maxwell Perkins, quant à lui, est incarné à l'écran par Colin Firth, impeccable sous le chapeau de cet éditeur fasciné par son poulain et partageant avec lui l'amour de l'écriture. 

 

On croise dans Genius des mythes comme Fitzgerald ou Hemingway, on s'interroge sur la figure de l'écrivain, prolixe ou besogneux, d'inspiration autobiographique ou purement fictionnelle, sur l'impact de cet élan créateur sur l'entourage, mais aussi sur le besoin, viscéral pour certains, simplement financier pour d'autres, d'écrire. Le film se penche également sur le rôle de l'éditeur dans la mise sur le marché d'un ouvrage : l'aide t-il à se présenter au public sous son meilleur jour - par exemple en suggérant des coupes - ou le dénature t-il ?  

Hélas, pour une raison que je n'arrive pas à déterminer avec précision, il m'est resté l'impression d'avoir visionné un film entre deux eaux, possédant ce quelque chose mettant à distance le spectateur, qui finit par glisser dans une certaine indifférence au sort des personnages. Malgré une prestation très honorable de ses deux interprètes principaux, Genius peine à convaincre, faute de réussir à créer de l'empathie ou une réelle émotion. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 3/5

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