Ma Ma

Publié le 16 Juin 2016

De Julio Medem

 

 

Magda est institutrice et mère d’un petit garçon de 10 ans. Elle a du mal à faire face à la perte de son emploi et le départ de son mari. Mais lorsqu’on lui diagnostique un cancer du sein, plutôt que de se laisser abattre, elle décide de vivre pleinement chaque instant. Elle profite de son fils, de son médecin bienveillant et d’un homme qu’elle vient à peine de rencontrer. De son combat contre la maladie va naître une grande histoire d’amour entre tous ces personnages.

 

 

 

 

 

Vous le savez peut-être si vous suivez ces articles depuis quelque temps : j'ai du mal à résister à ce qui est espagnol. Pourtant je fréquente finalement assez peu le cinéma ibère, et ces dernières années, je peux seulement admettre avoir vu Blancanieves, ou le plus récent La isla Mínima. A ma décharge, les oeuvres qui arrivent sur nos écrans sont plutôt rares, si l'on excepte celles d'Almodóvar. C'est donc avec un immense plaisir que j'ai répondu présente à l'invitation de l'association Espagnolas en París, réunissant des passionnés du 7e art espagnol, qui me proposait de découvrir Ma Ma

 

Pour les non-hispanophones, une précision s'impose : dans la langue de Cervantès, la double syllabe Ma Ma évoque d'abord la maman (Mamá) mais également le nom du cancer du sein (cáncer de mama), une dualité sémantique sur laquelle repose tout le film. En effet, autour du personnage de Magda et de sa maladie, c'est l'inconditionnalité et la force de l'amour maternel qui sont au coeur de ce bouleversant récit. 

 

 

J'emploie, à dessein,  le mot bouleversant, car il est rare que je me laisse aller - qui plus est en public - à laisser échapper quelques larmes. Il est incroyablement émouvant de ressentir peu à peu l'intensité du drame qui se noue, et la force peu commune de ce personnage qui décide - presque littéralement - de continuer à vivre et à être heureuse. Perdre espoir serait mourir par anticipation. 

 

Finalement, ce sont les personnages autour de Magda qui finissent par porter le poids du drame : son fils, dont elle refuse de briser l'innocence, son compagnon, déjà accablé par le deuil, et son médecin, décontenancé par l'énergie peu commune de la jeune femme. Ce sont eux qui évoquent la fin, alors que Magda voit tout le bonheur et l'amour qui lui restent encore à donner et à recevoir. Peu à peu, sa vitalité devient contagieuse si bien que tout son entourage en est atteint, et il semble alors qu'un miracle soit possible.

 

 

Penelope Cruz, lumineuse, donne vie à toute la passion de Magda, auquel elle rend le plus bel hommage qui soit. Le reste du casting réuni par Julio Medem est lui aussi superbement poignant et juste sans que jamais l'unité de l'ensemble ne soit mis en péril par le jeu individuel. Le montage, quant à lui, permet de renforcer l'intensité dramatique par une mise en parallèle de scènes en réalité successives, et de matérialiser l'avancée de la maladie. 

 

Un formidable ode à l'amour et à la vie, un film très expansif, et en cela, très latin dans son esprit. D'ailleurs, il semblera probablement "too much" à un certain goût français pour l'intériorité et la sobriété, mais, pour ma part, je l'ai trouvé profondément émouvant. Penelope Cruz affirmait qu'il allait simplement donner envie aux spectateurs de rentrer chez eux pour serrer dans leurs bras les êtres qui leurs sont chers. 

Je confirme. 

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 5/5

 

Une bouleversante ode à l'amour et à la vie.... 

 

A noter :

Du 15 au 21 juin, l'association Espagnolas en París organise au Majestic de Passy  la 9e édition du festival Dífferent ! L'autre cinéma espagnol. Cet évènement annuel permet de promouvoir le cinéma d'auteur espagnol au travers de projections et de rencontres. 

 

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