Hubert Robert : Un peintre visionnaire

Publié le 18 Mai 2016

Au Musée du Louvre 

Du 9 mars au 30 mai 2016

 

 

 

Aujourd'hui, je vous emmène à la découverte d'un peintre dont le nom ne vous dit peut-être rien : il s'agit d'Hubert Robert. C'est au Musée du Louvre - dont il fut l'un des premiers conservateurs - que se tient depuis le mois de mars l'exposition qui lui est consacrée. 

 

Hubert Robert a suivi la formation classique des peintres du 18e siècle et commence sa formation par un voyage à Rome, où il s'imprègne des ruines antiques et des collections d'art. Il travaille avec Piranèse et Paninni, se lie d'amitié avec Fragonard, et ramène de la Ville éternelle des croquis qui continueront de l'inspirer pendant toute le reste de sa carrière.

 

 

De retour à Paris, il entre rapidement à l'Académie, suprême consécration dans une époque où cette institution règne en maître sur le monde sur l'art français. Il y est reconnu comme peintre d'architecture, un genre moins prestigieux que la grande peinture d'histoire, mais comptant néanmoins parmi les plus nobles.

 

Cette exposition a été pour moi l'occasion de découvrir ce peintre dont j'ignorais jusqu'au nom. Parmi les nombreux éléments mis en avant ici, il en est un qui m'a plus particulièrement marqué: c'est ce goût, manifestement prononcé, pour les bâtiments incomplets, en ruines ou en chantier. Ainsi, Hubert Robert se fait-il notamment le témoin de la construction de la fontaine de Trévi, mais également en 1789, des premiers jours de la démolition de la Bastille

 

 

De Fragonard, il partagera le goût pour les mises en scènes d'instants légers, comme les lavandières étendant le linge ou les jeux des enfants apportant des touches de vie ordinaire au milieu de la grandeur des ruines antiques. De Piranèse, il retiendra surtout le goût pour les points de vues originaux sur l'architecture, représentant plus volontiers l'ombre des colonnades que leur vision depuis la place. Il empruntera également au célèbre graveur vénitien sa façon de structurer les compositions, notamment d'encadrer les paysages sous des arches bâties, technique dont il fera un large usage, et que l'on peut observer dans de nombreuses oeuvres présentées ici.

 

Nommé dès 1770 au poste de garde des tableaux du roi, il participe à la réflexion sur la création d'un musée présentant une partie de collections royales. Chahuté par la Révolution, il est nommé en 1796 Conservateur du Musée National des Arts, qui deviendra l'actuel Musée du Louvre. Il imagine alors des transformations et aménagements possibles pour des espaces comme la Grande Galerie, que l'on peut voir sur l'affiche de l'exposition. 

 

Pour un peintre assez peu connu du grand public, le Louvre a fait le choix judicieux de la pédagogie, n'hésitant pas à doter chaque oeuvre d'un cartel très complet. Ce dernier, outre les informations habituelles, dégage pour le visiteur néophyte tout un ensemble de caractéristiques, permettant de comprendre sa singularité ou ses influences. Tous les aspects de l'oeuvre du peintre sont ainsi présentées, entre tableaux, croquis et gravures. L'exposition n'oublie pas non plus sa participation à la conception de décors, jardins, meubles et objets, notamment pour la laiterie de la reine Marie-Antoinette à Rambouillet. 

 

A souligner également, la présence d'un écran permettant de feuilleter en version numérique un des croquis de jeunesse de l'écrivain. Ce dispositif réjouira tous ceux, qui,  comme moi, sont fascinés par les croquis : je dessine tellement mal que je trouve presque magique la façon dont on peut, en quelques coups de crayon, rendre compte d'un paysage, d'un objet ou d'une action...

 

Le parcours m'a semblé cependant un peu long et répétitif, même pour des visiteurs habitués à parcourir les musées. Ma camarade et moi-même y avons passé trois bonnes heures, et je dois avouer que l'attention que nous avons portée aux dernières salles était quelque peu légère. 

 

Une exposition intéressante, avec de belles oeuvres, dont on salue l'effort de pédagogie. Toutefois, le souci d'exhaustivité et la longueur du parcours - 150 oeuvres, tableaux, gravures et objets - mettent au final l'attention du spectateur à rude épreuve. A conseiller plutôt aux visiteurs aguerris.

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 3/5

 

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