Deadpool

Publié le 23 Février 2016

De Tim Miller 

 

 

Deadpool est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelait Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va le défigurer, mais accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

 

 

 

 

 

Comme beaucoup de spectateurs, j'ai suivi la vague de films de super-héros qui ont déferlé ces dernières années, avec d'autant plus d'attention que le docteur ès comics avec lequel je partage ma vie s'intéressait au sujet d'encore plus près. Les bibliothèques de la maison étant remplies de DC et Marvel, il lui était à priori difficile de passer à côté de Deadpool. 

 

Curieusement, alors que ce personnage m'était inconnu, Monsieur Lalune a immédiatement relevé son potentiel cinématographique. Parmi ses spécificités, on peut mentionner le fait qu'il ait été le premier à briser le 4e mur, et surtout, une certaine tendance à être bavard, violent, sale, et méchant. Ou franchement idiot. On ne sait pas vraiment, en fait. Toujours est-il que Deadpool apparaît franchement atypique dans le paysage super-héroïque, si tant est qu'on puisse réellement considérer en tant que tel un personnage qui boit, jure, égrène les blagues salaces et fréquente les professionnelles...

 

Le seul réel point commun qu'il partage avec ses autres camarades en collants est de faire la chasse à des super-vilains : des êtres machiavéliques doublés de sadiques assumés, dans le cas qui nous occuppe. Ces derniers vont méchamment amocher sa petite gueule et ça tombe très mal puisque Wade Wilson, qui n'est pas encore Deadpool, était sur le point d'épouser une poulette dont il était raide dingue. Et ça ne va pas l'amuser du tout du tout ! 

 

Dès le générique on comprend que le second - voire le troisième ou quatrième degré - sera le maître-mot du film. Sur un mode qui rappelle les très décalés "Honest trailers", le générique prend un malin plaisir à citer, au lieu du nom des acteurs, les clichés qu'ils sont censés incarner : vous y trouverez donc, entre autres,  "un imbécile heureux", "une bombasse" et  "une ado vénère". Non content de se payer la tête de ses interprètes, il égratigne au passage le reste de l'équipe, précisant que le film est réalisé par "un blaireau surpayé" et  - excusez, je cite - "produit par des trous du cul".

 

Le reste du film est à l'aune de cette entrée en matière  : vannes salaces d'un goût douteux, personnage complètement à l'ouest, références multiples, scènes d'action survoltées, autodérision (Deadpool qui fait des réflexions sur Ryan Reynolds - l'acteur qui l'incarne) tout s'enchaîne quasiment sans répit, avec un sens du rythme certain. Après le côté très lisse de nombreux héros (qu'on aime bien aussi, mais c'est un autre genre), il devient jubilatoire d'en découvrir un complètement déglingo. A chaque fois que l'on semble tomber dans un poncif, il est instantanément pulvérisé, pour notre plus grand bonheur ! 

 

 

Soulignons au passage la belle prise de risque du studio : accepter de produire un film de super-héros interdit à certaines catégories de spectateurs (R-rated aux Etats-Unis soit interdit aux moins de 17 ans non accompagnés et interdit aux moins de 12 ans en France) demeure un fait assez rare pour être remarqué. 

 

Au final, si le film n'est sans doute pas aussi transgressif qu'il aurait pu l'être et bien moins trash que le comics - il faut savoir raison économique garder -  le résultat reste joyeusement décalé, conçu pour assurer un maximum de divertissement. Certains feront - à juste titre - remarquer que l'épaisseur du scénario est comparable à celle du papier à cigarettes. Toutefois, le fait m'a semblé assez peu gênant dans le cadre d'un premier film présentant la genèse du personnage. Il faudra cependant veiller, pour les suites d'ores et déjà en préparation, à sérieusement muscler l'histoire sous peine de finir par verser dans l'avalanche de blagues sans cohérence scénaristique. 

  

Pour des spectateurs un peu lassés du défilé de super-héros de ces dernières années, Deadpool s'avère un spectacle rafraîchissant et insolent, parfois de mauvais goût, mais tellement assumé qu'on accepte avec plaisir de se laisser convaincre. 

 

La note tout à fait subjective qui n'engage que moi : 3,5/5

 

La bance annonce ci-dessous est la version non-censurée, qui vous donnera un bon aperçu de l'esprit du film. A vos risques et périls ! 

 

Commenter cet article