Trois chocolats chauds à Paris

Publié le 23 Janvier 2016

Depuis longtemps, je réfléchis à faire apparaître dans ces colonnes quelques bonnes adresses parisiennes. Toutefois, étant une calamité alimentaire - comprenez : il y a de nombreux aliments que je n'aime pas - je ne me sentais pas la légitimité à vanter tel ou tel restaurant, dans la mesure où je ne peux pas goûter la moitié des plats à la carte. J'ai donc opté de me concentrer sur un seul produit à chaque fois, et de vous proposer de temps à autres trois adresses testées et approuvées ! Bien sûr, la liste n'est aucunement exhaustive, et je n'ai pas non plus la prétention d'élire le meilleur... de Paris. Vous et moi, cher lecteur / chère lectrice, savons que ce genre d'affirmation est souvent très surfaite, d'autant qu'elle varie en fonction des goûts. Disons donc qu'il s'agit simplement de trois adresses que j'apprécie... et que je recommande ! Bonne lecture, et je l'espère, bonne dégustation !

 

Parce que parcourir Paris en cette saison requiert de temps à autres une pause à l'abri du froid, j'inaugure cette nouvelle rubrique avec le chocolat chaud, mon péché mignon hivernal.

 

 

Le plus brut de chocolat : Jacques Génin

 

La première fois que j'ai voulu faire une pause chez Jacques Génin, avec l'adresse en poche, je suis passée deux fois devant sans la voir : pas d'enseigne voyante ou de nom au dessus de la porte, seule une grande vitrine ouvrant sur la boutique et le salon de thé. La clientèle japonaise, discrète et très exigeante, semble y avoir ses habitudes. 

 

Il y a, en somme, assez peu de tables chez Jacques Génin, une dizaine tout au plus, et il n'est pas rare d'attendre plusieurs dizaines de minutes pour obtenir une place si vous venez un samedi en milieu d'après-midi. Toutefois, rien de comparable avec certaines adresses plus célèbres où les files s'étirent jusque sur le pavé.  

 

Depuis sa table, on peut donc observer à loisir le ballet des pâtisseries individuelles et des plateaux de chocolats, pâtes de fruits et caramels descendre de l'atelier, situé juste au dessus du salon de thé. L'endroit est calme et les tables joliment décorées de petites compositions florales. Un seul chocolat à la carte, traditionnel. Pour l'accompagner, une courte liste de pâtisseries du jour, dont un mille-feuilles vanille monté à la minute dont on m'avait dit le plus grand bien. 

 

L'arrivée de votre commande donne lieu à un certain rituel du service, dans l'ordre et la disposition des éléments sur la table : la chocolatière, la tasse sur sa soucoupe, votre généreuse pâtisserie, un verre d'eau ainsi qu'un échantillon de petites douceurs proposées dans la boutique. Le chocolat chaud est ici surprenant : épais, très peu sucré, il révèle tous les arômes du chocolat, amertume comprise. Côté accompagnement, le mille-feuille est également moins sucré pour mettre en valeur la saveur de la vanille.  

 

Une adresse pour les mordus de chocolat qui ne craignent pas la puissance de ses arômes. 

 

Jacques Génin

133 rue de Turenne

75003 Paris 

 

 

 

Le plus réconfortant : Un Dimanche à Paris

 

Situé dans le quartier d'Odéon, Un Dimanche à Paris est une adresse où j'aime me réfugier par temps pluvieux, quand j'ai besoin d'un peu de réconfort. Si vous aimez, comme moi, le patrimoine, vous pourrez demander à ce qu'on vous installe près de la tour Philippe Auguste - du 13e siècle - intégrée dans le salon de thé, et dont on peut caresser discrètement les pierres du bout des doigts. 

 

Avant de prendre votre commande, on vous demandera de passer à la boutique pour choisir dans la vitrine votre pâtisserie, si vous en désirez une.  Ici, on est souvent dans la créativité, ce qui ne laisse que peu de choix à la classique que je suis. Toutefois, il n'est pas rare que je me laisse tenter par - encore, me direz-vous - un millefeuille vanille, ou un plus raisonnable macaron. Côté boissons, la version traditionnelle du chocolat chaud en côtoie d'autres, plus audacieuses, que je  n'ai, en toute honnêteté jamais encore essayé.

 

Le délicieux breuvage est servi dans une chocolatière à l'ancienne, avec le battoir, et se révèle être l'idée même que l'on se fait d'un chocolat chaud : mousseux et doux comme un souvenir d'enfance. Le millefeuille est également très bon, avec une crème beaucoup plus légère qu'elle n'en a l'air, et, chaque fois que je me suis laissé tenter par un macaron, il s'est avéré très honorable, lui aussi. 

 

Un chocolat pour retomber en enfance, que l'on peut accompagner d'une pâtisserie plus créative. 

 

Un Dimanche à Paris 

4-8 Cour du Commerce Saint André

75006 Paris 

 

 

 

Le plus équilibré : Jean-Paul Hévin

 

Si Jean-Paul Hévin possède de nombreuses boutiques au quatre coins de la capitale, le chocolatier n'a ouvert qu'un seul salon de thé, à deux pas de la très chic Place Vendôme. Avant de monter à l'étage, assurez-vous de bien avoir commandé votre pâtisserie, si vous en souhaitez une, sous peine de devoir redescendre la choisir. Ici, le choix est très large, avec du classique comme de l'original. J'opte pour un Mont Blanc, une de mes douceurs favorites. 

 

La décoration, chaleureuse, fait la part belles aux teintes chocolatées ainsi qu'au doré. Quant à la carte des chocolats chauds, elle propose des classiques et des grands crus, mais fait également la part belle à des propositions très différentes : on peut ainsi y déguster un chocolat chaud au coulis de framboise, à la crème de marrons, au thé macha ou au gingembre. Mais le plus surprenant reste le chocolat chaud aux huîtres - oui, vous avez bien lu -  a priori si improbable que je ne manquerai pas de céder à la tentation d'y goûter un jour.  

 

Pour l'heure, je reste sur un mélange classique, histoire de me faire un avis. Accompagné du Mont Blanc, je pressens déjà que je pourrai sans souci en faire mon goûter aussi bien que mon dîner. Et pourtant : la pâtisserie s'avère beaucoup plus légère que prévue grâce à une meringue très fine, bien qu'un peu collante. Quant au chocolat au goût impeccable, il est par ailleurs le plus équilibré qu'il m'ait été donné de goûter. En effet, nul sentiment de lourdeur et, plus étonnant, le goût et la texture du chocolat chaud ne persistent pas en bouche. Concrètement : on n'a pas la sensation de devoir boire un verre d'eau en fin de dégustation, ce qui est plutôt surprenant. 

 

Un large choix de pâtisseries, des chocolats classiques ou très audacieux, et aucun sentiment de lourdeur. De ces tentations auxquelles on peut céder un peu tard dans l'après-midi sans hypothéquer le dîner. 

 

 

Jean-Paul Hévin - salon de thé 

231 rue Saint-Honoré

75001 Paris

 

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FT 17/02/2016 20:09

Bonjour Akialam,je te reconnais bien dans le choix de cette rubrique chocolatée! Je suis tout à fait d'accord avec tes choix,ma chérie les partage aussi, connais tu le " chocolat Africain d'Angélina" rue de Rivoli sous les arcades ou près du musée du Luxembourg, et celui inattendu de l'enseigne Amorino, le fondente ( avec l'accent)qui est très épais et que je savoure avec de la glace, le contraste est savoureux, ( par exemple à l'Amorino place de la Contrescarpe, mon refuge). J'attends avec impatience la suite de cette rubrique! A bientôt Akialam.

Akialam 18/02/2016 17:03

Bonjour !
J'avoue que j'ai pris le parti de sortir des classiques Ladurée /Angelina pour parler des salons où j'aime me poser au calme. Mais je pense qu'il faudra que je teste ces maisons de bonne réputation, pour comparer.

Quant à celui d'Amorino, j'avoue ne pas en être tout à fait adepte, un peu déçue par mon premier test, c'est pourquoi je ne l'avais pas mentionné dans cet article mais c'est un choix personnel et qui n'engage que moi, car en matière de chocolat, à Paris, il y en a vraiment pour tous les goûts !

Destrieux 24/01/2016 10:40

Je connais ! Ma fille m'a fait découvrir le premier (du moins je crois...) à l'issue de la Zombie Parade !

Akialam 24/01/2016 11:11

C'est bien ça ! :)