L'Elisir d'Amore

Publié le 5 Novembre 2015

De Gaetano Donizetti

A l'Opéra Bastille

du 02 au 25 novembre 2015

Direction musicale : Donato Renzetti

Mise en scène : Laurent Pelly

 

Distribution

Adina : Aleksandra Kurzak :

Nemorino : Roberto Alagna

Belcore : Mario Cassi

Dulcamara : Ambrogio Maestri

Gianetta : Mélissa Petit

 

Je dois vous avouer quelque chose : pendant longtemps, j'ai snobé Roberto Alagna. A vrai dire, cela tenait à deux choses : une impression - vraie ou fausse, mais tout au moins tenace - qu'il avait toujours tendance à forcer sur la voix, mais également une attitude qui m'agaçait par ce côté too much en interview, très italien - alors que cet aspect ne me dérange pas chez d'autres artistes, allez donc comprendre! Toujours est-il qu'avec mon esprit de contradiction / de curiosité habituel, je m'étais dit que ce jugement ne reposait sur aucun autre fondement qu'un ensemble d'images vu à la télévision, et qu'il serait bon de l'opposer à la réalité. Après tout, l'opéra, c'est du spectacle vivant, et il me fallait voir une prestation en vrai pour me faire une idée ! 

 

Permettez donc que je commence par faire un mea culpa : je me suis trompé sur le compte de cet artiste, et peu importe ce que j'ai pu en penser, j'ai sans doute été trop hâtive dans mon jugement. En effet, force est de constater que ce soir, le ténor a livré une belle prestation où je n'ai retrouvé rien de ce que je lui reprochais : la voix est belle sans jamais sembler forcée, et le jeu est émouvant. Le reste de la distribution n'est pas en reste : Aleksandra Kurzak campe une Adina mutine et peste, Ambrogio Maestri est un Dulcamara à la voix ample et agile, et Mélissa Petit une Gianetta joueuse. Pour être tout à fait honnête, seul le Belcore de Mario Cassi m'a semblé un peu en dessous, parfois noyé dans l'orchestre.

 

Côté mise en scène, après avoir maintenant assisté à quatre spectacles de Laurent Pelly (Cet Elisir d'Amore mais également Julio Cesare, La Fille du régiment et Platée), je pense que je peux officiellement affirmer que dorénavant, lorsque je verrai son nom sur une affiche, je pourrais envisager d'y aller les yeux fermés, ou plutôt, grand ouverts. Toujours aussi inventif, le metteur en scène anime cette histoire avec la patte qu'on lui connaît : un sens aigu de la comédie qui sait pourtant laisser la place à l'émotion,  doublé d'une myriade de détails infimes qui rendent toutes ses mises en scènes si vivantes.

 

En un mot comme en cent, j'ai passé une très bonne soirée, ravie de m'être laissée une occasion de revoir mon avis sur un artiste que je n'avais jamais vu sur scène, seule aune à laquelle on devrait juger un chanteur d'opéra : ça m'apprendra !

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4/5

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Destrieux 09/11/2015 11:55

Tout à fait ! je suis tout à fait d'accord !
Comme toi, Alagna avait ce côté rital qui m’agaçait un peu ...
et puis, d'abord dans les chants populaires italiens et ensuite dans les grands airs, j'ai finalement été séduit. Mais je ne suis pas un spécialiste !

Akialam 09/11/2015 14:02

Je ne suis pas une spécialiste non plus ;) il y a forcément des artistes avec lesquels on accroche plus ou moins, c'est normal, mais comme on dit, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis ;)