Platée

Publié le 11 Septembre 2015

 

De Jean-Philippe Rameau

A l'Opéra Garnier,

Du 7 septembre au 8 octobre

Direction musicale : Marc Minkowski

Mise en scène : Laurent Pelly

 

Distribution

Philippe Talbot : Platée

Julie Fuchs: Thalie, la Folie

Florian Sempey : Momus

François Lis : Jupiter

Frédéric Antoun : Thespis

Armelle Khourdoïan : L'amour, Clarine

Julien Behr : Mercure

Alexandre Duhamel : Un satyre, Cithéron

Aurélia Legay : Junon

Avec le choeur et orchestre des musiciens du Louvre Grenoble

 

D'ordinaire, je n'aime pas vraiment le baroque, ou plutôt, il s'agit d'un courant dont je ne saisis pas a priori l'émotion, au delà de l'évidente beauté de la musique. Et en opéra, j'ai encore besoin de ce rapport un peu viscéral à l'émotion. Du moins en partie. 

 

Dans l'état actuel des choses, rien ne semblait donc me prédisposer à découvrir Platée pour le moment. Heureusement, le hasard étant un conseiller que j'aime à écouter, me  voici ce soir-là confortablement installée sous les ors du palais Garnier, au plus près du plafond de Chagall, qui m'enchante autant qu'il me fascine.

 

Et me voilà happée par une musique plus surprenante que je ne l'aurais imaginée, avec des bruits d'orage, de vent, des effets multiples. Plus étonnant encore, et preuve s'il en était que j'ai encore beaucoup à découvrir, la palette d'utilisation de la voix chantée est beaucoup plus large, m'a t-il semblé, que dans les opéras du 19e siècle, que j'ai davantage l'habitude d'écouter.  Même dans les opérettes d'Offenbach, pourtant très fantaisistes, la variété d'effets ne me semble pas si large : des sons que l'on sent faits pour être laids, des hommes qui passent en voix de tête... Il m'est resté cette impression, peut-être fausse, mais en tous cas tenace, de l'exploitation plus créative des capacités de la voix. Ne connaissant pas du tout l'oeuvre, et ne sachant à quoi m'attendre, je ne peux dire grand chose des chanteurs, si ce n'est qu'ils m'ont semblé servir à merveille leurs personnages, avec un plateau dont l'homogénéité m'empêche de distinguer davantage un interprète plutôt qu'un autre. A vrai dire, on a l'impression qu'ils s'amusent autant que nous dans cette farce, et qu'ils partagent sans mesure cette bonne humeur. Je ne vous parlerai hélas toujours pas de la direction musicale, dont je ne suis toujours pas en mesure de dire quoi que ce soit, faute de repères en la matière.

 

Laurent Pelly, dont j'apprécie décidément le travail (ici et ici), signe ici une mise en scène drôle et pleine de bonnes idées, parfois même de simples détails, qui animent l'ensemble d'une vie fourmillante et donnent corps à tous les personnages présents. Les passages dansés sont également remarquables et ajoutent un suplément d'âme à cet ensemble déjà superbe. 

 

Un spectacle réjouissant que ce Platée, qui ne cesse de nous réenchanter d'acte en acte. Pour moi qui craignais de m'ennuyer, la surprise est vraiment totale ! Ce genre de découvertes grâce auxquelles on se prouve à soi-même, qu'il faut, autant que faire se peut, aller au devant de ses a priori et se laisser porter par la curiosité !

 

La note tout à fait subjective et qui n'engage que moi : 4,5/5

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