Les chevaliers du zodiaque **

Publié le 6 Mars 2015

Les Chevaliers du zodiaque

de Keichi Sato

 

Au commencement, il y avait une Déesse chargée de protéger la Terre, Athéna. Gardienne de l'équilibre, elle fut cachée des Forces du Mal.Quand sa vie est menacée, Seiya et les Chevaliers de Bronze endossent leurs armures. Ce sont les Protecteurs d'Athéna, les Chevaliers du Zodiaque. Pour sauver leur Déesse et l’avenir de la Terre, ils vont devoir atteindre le Sanctuaire du Grand Pope et y affronter sa légendaire armée des 12 Chevaliers d'Or. La plus grande bataille des Chevaliers du Zodiaque débute aujourd'hui.

 

 

Comme tous les enfants du Club Dorothée, j’ai découvert les Chevaliers du zodiaque sur mon petit écran. Si mes héros préférés à l’époque étaient plutôt les Bioman et Sailor Moon, je ne dédaignais pas de regarder les aventures de ces vaillants chevaliers avec un petit faible pour Shiryu, son air mystérieux, ses cheveux longs et son tatouage en forme de dragon – comme quoi, certaines préférences se forgent dès le plus jeune âge !

 

L’adaptation de ces Chevaliers du zodiaque version 2015 devait remettre au goût du jour l’une des saisons les plus emblématiques de la saga : celle de la bataille du sanctuaire. Les héros devaient y traverser une à une douze maisons – des temples – gardés par des chevaliers d’or représentant chacun un signe du zodiaque, pour accéder au sommet du sanctuaire et y affronter le Grand Pope. Ils combattaient pour sauver Saori, réincarnation de la déesse Athéna, atteinte d’une flèche magique qui ne lui laissait que douze heures à vivre. J’imagine que nos parents y voyaient surtout des types aux coupes de cheveux improbables qui montaient des escaliers et passaient leur temps à se taper dessus, mais j’avoue qu’à l’époque, j’ai surtout vu beaucoup de noblesse d’âme, de sens du devoir et d’amitié, dans cette quête absolue de justice. Question d’âge et de point de vue !

 

Toujours est-il que l’adaptation de ce film d’animation sur grand écran a été l’occasion de réunir toute une bande d’amis, tombés dans les mangas à cette époque, et y baignant toujours. Une dizaine de grands enfants décidés à aimer ce film, ne serait-ce qu’en hommage à cette époque pas si lointaine où ils y croyaient dur comme fer.

 

Dès le début, le spectateur est happé par la mise en scène des combats et la conception visuelle soignée : les armures semblent notamment dotées d’une personnalité propre et on les sent enfin conçues pour protéger, là où le décoratif primait auparavant. Le design du sanctuaire, très éloigné du manga d’origine, n’est pas sans rappeler les univers vidéoludiques des derniers Final Fantasy, pour ne citer qu’eux.

 

Si les parties narratives sont traitées un peu hâtivement – la révélation de la véritable identité de Saori, pour ne citer qu’elle – l’ensemble reste cohérent, et les interactions très « manga » dans leur côté caricatural. On aurait espéré un peu plus de réalisme sur ce point, mais admettons.

 

Jusqu’à ce qu’une scène achève de tuer toute velléité d’adhésion – SPOILER ALERT – l’entrée dans la maison du cancer. On aurait pu comprendre un côté très théâtral dans la mise en scène de ses pouvoirs ou même grandiloquent chez ce chevalier d’or, surnommé « masque de mort ». Mais le transformer en guignol Jack Sparrowesque amateur de comédie musicale achève définitivement de le décrédibiliser, emportant le reste du film avec.

 

Notre petit groupe est sorti de la salle heureux de s’être réuni, avec ce goût de raté qui fait parfois les souvenirs cultes. De ceux qu’on s’échange ensuite sur les réseaux sociaux, à prendre au énième degré. Parce que nous n’avons plus les yeux de l’enfance, mais qu’à tout prendre, nous y avons gagné le sens de la dérision.


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