Rolando Villazón et Angela Gheorghiu au TCE

Publié le 22 Octobre 2014

Petit avis sur deux concerts qui se sont tenus en fin d'année dernière au théâtre des Champs Elysées, temple Art déco que j'aime particulièrement pour son côté plutôt intime, et son acoustique qui permet d'entendre le moindre détail de ce qui se passe sur scène. 

 

22 octobre : Rolando Villazón - Airs d'opéra français, italien et de zarzuela

 

 

J'avais déjà entendu Villazón en avril dernier à l'occasion de son récital d'airs de concert de Mozart. J'avais été frappé par sa façon d'électriser la salle, et cette fois encore, son énergie est communicative. Je serai en revanche beaucoup plus réservée sur la soprano qui l'accompagnait, pour laquelle une sensation persistante d'imprécision m'a gâché la jolie voix. Encore une fois, je suis moi-même en train d'apprendre à chanter - et par conséquent à écouter - c'est pourquoi j'ignore si ces impressions sont liées à une quelconque réalité technique ou musicale. Cela viendra, j'imagine. Toujours est-il que les applaudissements du reste de la salle, plus polis que chaleureux, m'ont conforté dans cette idée. 

 

Pour le ténor franco-mexicain, en revanche, le public est enthousiaste, car c'est l'occasion, une fois encore, de mélanger les genres. Au milieu des  grands airs qui débordent d'émotion jusque dans la salle,  il glisse quelques airs plus comiques - mais non moins exigeants vocalement -  lui permettant de faire des pitreries sur scène. Ce n'est pas tous les jours que l'on voit un ténor jongler en chantant. D'accord, côté vocal ce n'est peut-être pas très sérieux, mais personnellement j'adore ce côté second degré qui montre que l'opéra n'est pas quelque chose d'ennuyeux et qu'il revêt toutes les facettes de l'âme humaine, des plus sombres jusqu'aux plus joyeuses.   

 

9 novembre : Angela Gheorghiu - Airs d'opéra  

 

 

Après la Bohème, en mars dernier c'est la deuxième fois que je vois la diva Gheorghiu sur scène. Cette fois-ci, le programme se compose d'airs d'opéra italiens et français. Malgré une première partie de récital plutôt en demie-teinte, la soprano roumaine finit par récupérer l'adhésion du public, qui retient son souffle pour mieux entendre ses incroyables pianissimo.

 

Une fois de plus, c'est par le chanteur qui l'accompagne que le bémol arrive : le ténor, malade, suscite de vives critiques, et je dois avouer que moi-même j'ai été plutôt déçue, sans que je sache s'il fallait en blâmer sa voix, son interprétation ou simplement son indisposition.

 

Une soirée avec quelques regrets, donc, mais tout autant de moments de grâce, tant il m'a semblé qu'Angela Gheorghiu maîtrisait sa voix jusque dans la moindre note, avec des nuances magnifiques.

 

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