La Traviata et Tosca

Publié le 29 Octobre 2014

Côté opéras, ces dernier mois ont été l'occasion de découvrir sur scène deux des oeuvres les plus célèbres : Tosca et La Traviata.  Je n'avais qu'une envie : me laisser porter par la musique et la beauté du spectacle. Malheureusement, je dois jouer de malchance avec les nouvelles productions. Déjà avec Carmen, il y a deux ans, c'était la douche froide. Et cette année encore, je n'ai pas été convaincue par les deux nouvelles mises en scènes auxquelles j'ai assisté...
 

La Traviata, de Giuseppe Verdi

A l'Opéra de Paris 

Mise en scène de Benoît Jacquot

Avec Ermonela Jaho, Anna Pennisi, Ismael Jordi, Luca Salsi...

 

La Traviata est un des premiers opéras que j'ai découvert dans sa version filmée par Zeffirelli, et qui possède des airs parmi les plus populaires, que tout le monde a entendu un jour, comme le brindisi du premier acte (si, si, vous le connaissez, j'en suis sûre : regardez plutôt par là)

 

Autant le dire tout de suite : si les voix m'ont paru à la hauteur d'une partition aussi célèbre, c'est la mise en scène qui m'a semblé plus frustrante que décevante. Frustrante, car cette disposition sous forme de tableaux est photographiquement très belle. Malheureusement, c'est dans les indications donnés au choeur qu'elle pêche le plus. Un comble pour un opéra où il est présent sur deux actes presque entiers et où l'ambiance est censée être à la fête. Sommé par le metteur en scène d'être aussi immobile qu'inexpressif, le choeur achève de figer une mise en scène qui sait par ailleurs joliment créer des espaces d'intimité propices à l'épanouissement des voix et de l'émotion lorsque c'est nécessaire. Finalement, il s'en est est fallu de peu pour que l'ensemble soit une superbe Traviata : juste un peu de vie derrière les beaux tableaux.

 

 

Tosca, de Giacomo Puccini,

A l'Opéra de Paris 

Mise en scène de Pierre Audi

Avec Béatrice Uria-Monzon, Marco Berti, Sebastian Catana ...

 

Quant à Tosca, c'est une autre histoire... celle d'une profonde déception. Car Tosca est, tout comme Traviata, un monument de l'opéra. Parmi les raisons de sa force, selon moi, il faut compter Scarpia. LE vrai méchant par excellence, celui qui veut broyer les autres, qui se réjouit de leur souffrance et qui préfère que les femmes se livrent à lui en cédant au chantage plutôt qu'à l'amour. Et Scarpia est obsédé par Tosca. Autant dire qu'au delà du couple d'amoureux, il s'agit du personnage-clé de cette histoire. Malheureusement, le Scarpia que j'ai vu ce soir-là m'a fait l'effet d'un bonhomme un peu falot, plus occupé à courir après Tosca qu'à la regarder se prendre inexorablement dans sa toile, fait doublé d'un manque cruel de charisme qui ne pardonne pas. J'ignore s'il faut l'imputer à l'interprétation ou à la mise en scène, mais toujours est-il que l'impression a été tenace.

 

Si Tosca est toute en passion et détermination, très convaincante scéniquement, je ne suis pas encore sûre de mon jugement côté vocal (et quand bien même, un jugement resterait personnel) et je ne m'y risquerai donc pas encore. Toutefois, si je peux livrer ce qui relève de l'impression plus que de l'observation, Mario ne m'a pas vraiment convaincu. Sa voix m'a semblé très belle, avec de jolies notes, mais pour une raison inconnue, il m'a fait l'effet d'égréner les mots sans émotion. Et pourtant, avec E lucevan les stelle, il était difficile de passer à côté...  

Mais que s'est-il donc passé ? Je veux bien croire que mon goût s'affine, mais tout de même, un opéra comme Tosca où je décroche dès le premier acte et où je ne "chougne" pas à la fin, c'est décidément qu'il lui manquait quelque chose. Est-ce la mise en scène ? L'interprétation ? Je l'ignore et j'en suis moi-même assez déçue car bon sang ! j'avais envie de l'aimer cette Tosca, de me laisser emporter avec ses deux amants jusqu'au bout de leur histoire tragique, de rentrer chez moi le nez en l'air, la tête pleine de musique et d'émotion. Terriblement décevant.

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Claire 12/02/2015 23:04

Comme toi, j'ai trouvé les voix de La Traviata magnifiques (mais quelle Ermonela Jaho!) mais ai été parfois déçue par la mise en scène rigide! Pas de regret pour Tosca alors... ;)

Akialam 12/02/2015 23:08

Pas de regrets pour Tosca... sauf peut être celui de n'avoir pas pu découvrir Ludovic Tézier en Scarpia avec la première distribution ! (Je n'ai vu qu'une des suivantes, du coup )