Le faste des morts **

Publié le 4 Septembre 2014

De Kenzaburô oe

Aux éditions Gallimard

 

Les trois nouvelles rassemblées dans ce recueil appartiennent à la première période littéraire de Kenzaburô Oé. Elles ont pour protagonistes de jeunes ou très jeunes gens confrontés à une situation extrême, exprimée en termes métaphoriques ou réalistes, sexuels, psychologiques ou politiques. C'est dans une morgue, une maison de redressement, une famille en décomposition, un lycée et un groupuscule d'extrême droite que se développe cette violence, sous des formes diverses : la mort, la nausée, la mauvaise foi, la manipulation, la culpabilité règnent et brouillent l'univers mental des jeunes anti-héros.

 

 

 

Décidément, j'ai un problème avec la littérature japonaise : tous mes précédents essais pour l'approcher (le Dernier Souper, Le maître de thé ) se sont soldés par la même conclusion : un sentiment d'incompréhension probablement dû aux spécificités de la culture japonaise et la certitude déconcertante d'être passée à côté de l'ouvrage. Ce recueil de nouvelles n'échappe malheureusement pas à la règle...

 

De ces trois nouvelles, j'ai apprécié les histoires : originales, inattendues, elle traitent de thématiques universelles (la mort, la haine, la maternité, la culpabilité...) sans pour autant suivre une ligne trop attendue. Pour autant, je ne peux pas dire que j'ai apprécié ces nouvelles : est-ce parce que imprégnée de ma propre culture occidentale, ces histoires n'ont pas réveillé en moi les échos qu'elles auraient dû ? est-ce parce que l'écriture ne m'a pas vraiment plu ? Toujours est-il qu'il est délicat d'expliquer qu'on a pas apprécié le livre d'un prix Nobel : c'est pourtant le cas, et j'en suis la première désolée tant j'aurais voulu, pour une fois, percer un peu les mystères de la littérature japonaise... ce sera sans doute pour une prochaine fois. Je n'ai pas l'habitude de baisser les bras  si facilement.

Auparavant, le regard d’autrui me terrorisait, me faisait rougir et me précipitait dans un dégoût de moi aussi timoré que pitoyable : je me trouvais complètement ligoté. Mais désormais, au lieu de me regarder intérieurement, les autres regardaient l’uniforme de droite, non sans quelque frayeur. J’avais dissimulé à jamais une âme vulnérable d’adolescent derrière l’écran de l’uniforme de droite. Je n’avais plus honte, je ne me laissais plus atteindre douloureusement par les regards extérieurs.

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