David Serero - Baryton **

Publié le 31 Juillet 2014

Au petit théâtre du gymnase

Jusqu'au 1er octobre 2014

 

Le one musical show d'un baryton, mélangeant comédie et musique : le concept avait tout pour me séduire !

 

C'est sur l'air de "All I care about", tirée de la comédie musicale Chicago, que débute la soirée, et tout de suite, quelque chose me frappe : pourquoi utiliser un micro, lorsqu'on est baryton, et que l'on a donc appris à porter la voix (car rappelons-le, la base de la technique lyrique est de pouvoir chanter sans micro), de surcroît dans une salle aux dimensions aussi réduites que le théâtre du petit gymnase ? D'autant que la voix est agréable, et l'écho du micro vraiment superflu.

 

Entre les extraits musicaux, allant de l'opéra à Broadway, en passant par l'opérette et les classiques américains, David Serero raconte des blagues. Littéralement. Et il ratisse large, comme s'il fallait être sûr de traiter un maximum de sujets pour plaire au moins une fois à chaque spectateur : les relations hommes-femmes, les juifs, sa famille, les marocains, quelques imitations, les blagues, souvent éculées, s'enchaînent sans logique, et les chutes, souvent mal vendues. Malgré tout, le personnage est très sympathique, et le rire est au rendez-vous, même s'il est parfois en demie-teinte. Une présence certaine, une bonne humeur communicative, et si je ne peux pas dire que j'ai passé une mauvaise soirée, il me reste une malheureuse impression de gâchis. 

 

Alors je lance un appel : David, si par hasard vous lisez ces lignes, s'il vous plaît, laissez tomber le micro ! Le meilleur moment du spectacle est lorsque sans artifice, vous vous asseyez au bord de la scène : c'est là que vous créez une proximité avec le public. Un baryton comme vous, n'a certainement pas besoin de micro pour chanter, pas plus que pour parler. Ne restez pas à distance de votre public, faites tomber la barrière aussi laide que superflue de ce fichu micro, et parlez-vous avec humour de la musique, de celle qui vous fait vibrer, opéra ou jazz, Bizet ou Elvis, sans vous protéger derrière des blagues qui ne sont pas les vôtres, car honnêtement, une blague sur les ténors vaut bien une blague de blonde ! On ne demande qu'à se laisser embarquer dans votre univers, mais ne nous gardez pas à distance : Misez sur votre immense capital sympathie, laissez tomber les artifices inutiles, et soyez sincère et vrai. 

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