L'amant de la Chine du Nord **

Publié le 28 Février 2014

De Marguerite Duras,

aux éditions Folio

 

«J'ai appris qu'il était mort depuis des années. C'était en mai 90 (...). Je n'avais jamais pensé à sa mort. On m'a dit aussi qu'il était enterré à Sadec, que la maison bleue était toujours là, habitée par sa famille et des enfants. Qu'il avait été aimé à Sadec pour sa bonté, sa simplicité et qu'aussi il était devenu très religieux à la fin de sa vie.


J'ai abandonné le travail que j'étais en train de faire. J'ai écrit l'histoire de l'amant de la Chine du Nord et de l'enfant : elle n'était pas encore là dans L'Amant, le temps manquait autour d'eux. J'ai écrit ce livre dans le bonheur fou de l'écrire. Je suis restée un an dans ce roman, enfermée dans cette année-là de l'amour entre le Chinois et l'enfant.
Je ne suis pas allée au-delà du départ du paquebot de ligne, c'est-à-dire le départ de l'enfant

Marguerite Duras.

 

Je n'avais jamais lu d'ouvrage de Marguerite Duras, et, au hasard des rayonnages d'une librairie, j'ai jeté un jour mon dévolu sur celui-ci. Pour la petite histoire, il s'agit de la même trame que celle de l'Amant, du même auteur, mais réécrite après l'adaptation au cinéma de ce dernier. Ce n'est donc pas un hasard si l'ensemble paraît très cinématographique, et si de nombreuses notes de bas de page écrites par l'auteur précisent certains points, en cas d'adaptation.

 

En toute honnêteté, j'ai été très décontenancée par l'écriture de Duras, et particulièrement par sa façon de ne pas décrire les sentiments des personnages autrement que par ce qu'un oeil extérieur - celui de la caméra ? - pourrait voir. Faute de réussir à comprendre les personnages, je n'ai pas pu m'attacher à eux. Finalement, j'ai l'impression de n'avoir rien compris à cet ouvrage : ni les personnages, ni l'environnement particulier de l'époque, et même des pans entiers de l'histoire. J'ai lutté pour terminer cet ouvrage et à la fin je m'ennuyais ferme.

 

J'avoue que mon incompréhension est sans doute à la base de mon avis sur cet ouvrage, mais ajoutez-y également le style, que l'on croirait retranscrit directement de la parole - ou même moins correct encore que la parole -  et vous comprendrez alors que rien dans cet ouvrage ne me permettait de l'apprécier. 

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FT 17/03/2014 14:54

Bonjour Akialam. J'ai vu le film L'Amant avant de lire le livre, ce que je n'aime pas faire en général, et je suis d'accord avec toi sur le style un peu impersonnel de Duras, et cette sorte de pudeur à exprimer ses sentiments, alors que c'est surtout ce que j'attends dans un roman, ou une œuvre autobiographique. Il semblerait que ce soit l'adaptation livresque d'un film? Quand tu luttes pour terminer un ouvrage- ce qui m'arrive parfois- c'est mauvais signe... Bonne journée!

akialam 19/03/2014 07:33

En fait, si j'ai bien compris ce que m'a dit le site que j'ai consulté, l'Amant est la livre qui a été écrit en premier, puis adapté au cinéma. A la suite de quoi, visiblement mécontente, Marguerite Duras a souhaité réécrire cette histoire, ce qui a donné "l'Amant de la Chine du Nord".
Mais il ne s'agit pas d'une réécriture du film, simplement une réécriture de l'histoire d'origine - si j'ai bien compris !