Gustav Klimt ***

Publié le 23 Mars 2014

De Frank Whitford

aux éditions Thames & Hudson

 

Des multiples cercles dont est sortie notre modernité, celui de la Vienne du début du siècle prend, avec le recul, de plus en plus d'importance. De Freud à Wittgenstein, de Kraus à Schnitzler, on y dénombre plus les personnalités de premier plan et Klimt y occuppe sans conteste une place de choix dans le domaine pictural. Faisant le lien entre le XIXe et le XXe siècle, l'oeuvre de Klimt résoud la contradiction du traditionalisme et du modernisme, du figuratif et de l'abstrait.

 

 

 

Klimt fait partie des peintres que j'aime le plus : est-ce pour ses décors géométriques presque hypnotiques ? l'ambiguïté de ses personnages ? ou sa représentation très charnelle des corps ? je l'ignore. Toujours est-il que je trouve quelque chose d'irrésistiblement magnétique à ses oeuvres.

 

Mais, au fond, je ne m'étais jamais intéressée au peintre derrière le tableau. Et c'est un homme finalement très secret, plein de mystère que l'on découvre alors. En effet, de nombreuses parts d'ombre demeurent encore dans sa vie, si bien que l'on ignore le plus souvent quels bouleversements ont pu faire évoluer son style. Dans ce domaine, on ne peut donc que formuler des hypothèses, ce que souligne à plusieurs reprises l'auteur.

 

Cet ouvrage, très intéressant, est aussi l'occasion d'aborder toutes les facettes de l'art de Klimt, au delà de sa période dorée, la plus connue : ses débuts, stylistiquement très différents de ce que l'on peut imaginer connaissant la suite, ses commandes les plus célèbres, en passant par ses dessins érotiques et ses paysages, méconnus et pourtant très étonnants. Les seuls défauts de cet ouvrage résident dans la grande quantité de photos en noir et blanc, toujours un peu dommage, et le fait qu'il faille sans arrêt se référer à des tableaux situés parfois à plusieurs pages de l'explication qui en est faite.

 

Un voyage d'un demi-siècle de la Belle Epoque à la première guerre mondiale, en compagnie d'un artiste singulier, dans une Vienne aux paradoxes déroutants. Et sans bouger de son fauteuil !

A la place d'une narration directe, célébrant les grands philosophes du passé, ils virent un tableau qui parut décevant, gênant ou scandaleux à la plupart des gens.

"La Philosophie" se compose d'une colonne ininterrompue de figures nues dont les formes se contorsionnent et s'enlacent sur un fond stellaire d'où émerge, comme une nébuleuse gazeuse, une tête endormie ou méditative dont l'abondante chevelure répand en cascade une galaxie d'étoiles étincelantes.

En bas, une tête de femme fixe d'un regard hypnotique le spectateur; ses cheveux obscurcissent la partie inférieure de son visage comme une cape. Le catalogue de l'exposition décrit ce personnage comme "la connaissance". Que signifiait ce tableau ? Quel rapport pouvait-il bien avoir avec la réflexion philosophique ?

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FT 22/04/2014 19:10

Bonjour Akialam! A ta liste de noms qui ont marqué le début du XXe à Vienne, je rajouterai volontiers notre cher Stephan Zweig, figure emblématique de la littérature de cette époque!
Il y a quelques années une très belle expo au grand Palais, intitulée Vienne 1900, regroupait Klimt, Egon Schiele et un 3e peintre dont le nom m'échappe. J'ouvre souvent le catalogue de l'expo tant il est beau, comme tous les catalogues d'expo d'ailleurs, mais je complèterais bien avec une vraie biographie. Comme toi, j'adore ce peintre, les couleurs et la sensualité qui se dégagent me touchent énormément. Et mon préféré reste les 3 âges de la vie, où on voit ce petit bébé endormi contre sa maman. Bonne journée Akialam!