Alfred de Musset ***

Publié le 19 Mars 2014

De Gonzague Saint Bris

Aux éditions Grasset

 

Deux cents ans après sa naissance et un siècle et demi après sa disparition, Alfred de Musset demeure une énigme. Car si son œuvre poétique est célèbre, sa vie reste reste une inconnue. Enfant terrible et précoce, prince du paradoxe perpétuellement déchiré entre angélisme et débauche, entre fêtes et larmes, il est l'incarnation par sa jeunesse, sa beauté et son immense talent, du romantisme le plus absolu. Pourtant, cet écrivain génial demeure, malgré le succès, un incompris magnifique et fragile. "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" : Musset boira jusqu'à la lie les poisons de la vie. Victime d'hallucinations névrotiques, il est ce dépravé qui s'abîme dans l'alcool et la drogue. Ses amours toujours recommencées le renvoient à son inguérissable solitude et au lent dégoût de lui-même. Préfigurant l'image du poète maudit, âme insaisissable, il refusa de faire carrière et de fonder une famille, ne vécut au fond que pour son œuvre. Il y trouva non seulement une manière d'exister, mais encore d'exprimer son intimité douloureuse. C'est ce qui lui donne sans doute, à l'heure de son bicentenaire, cet aspect inimitable et sa saisissante modernité.

 

 

Pendant longtemps - et sans doute n'en suis-je pas encore totalement à l'abri - j'ai confondu Alfred de Vigny et Alfred de Musset. Même époque, même prénom, une particule et tous deux poètes romantiques, pas de quoi m'aider ! Et puis, un jour, j'ai décidé de résoudre cette ennuyeuse confusion et acheté cet ouvrage pour en apprendre plus.

 

Cette biographie, rédigée par Gonzague Saint Bris, a le mérite d'entremêler la vie du poète et son oeuvre, ce qui permet d'emblée d'expliquer certains aspects de cette dernière sans tomber dans l'étude de texte formelle. On y découvre un homme à fleur de peau, impulsif, jaloux et malade d'être trop sensible, un poète précoce qui ne savait rien faire à moitié et qui par conséquent, a versé dans tous les excès. Bref, le genre d'homme invivable qui attire pourtant la compassion. 

 

Un livre bien fait, qui donne envie de s'intéresser de plus près à l'oeuvre de Musset, et, dans mon cas, également à celle de Vigny, histoire d'achever de ne plus les confondre !

Quand la passion emporte l'homme, la raison le suit en pleurant et en l'avertissant du danger; mais dès que l'homme s'est arrêté à la voix de la raison, dès qu'il s'est dit : C'est vrai, je suis fou, où allais-je ? La passion lui crie : Et moi, je vais donc mourir ?

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