La Belle et la Bête **

Publié le 27 Février 2014

De Christophe Ganz

 

1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.

Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.

Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier et de se rendre au château à la place de son père.

 

 

 

 

Mais quelle malédiction touche donc les films français "grand public" en ce moment? Après Supercondriaque, la semaine dernière, c'est au tour de la Belle et la Bête de me décevoir.

 

Pourtant, au départ, l'univers posé par Christophe Ganz, avec ses décors luxuriants, ses effets spéciaux réussis, et ses costumes impressionants, avait tout pour me séduire. Et puis, peu à peu, la réalisation maladroite, qui ne ménage ni tension, ni sentiment, a fini par étouffer toutes ces qualités, en même temps que ses personnages. Le film multiplie les éléments inutiles - les Tadum, la voyante, pour ne citer qu'eux - et délaisse les choses importantes, parce qu'il faut bien faire des choix.  L'élement le plus essentiel -  l'évolution de la relation entre Belle et la Bête, finit donc malheureusement bâclé. S'il s'agit d'un conte, et donc de personnages forcément stéréotypés, il n'empêche que le spectateur a besoin de voir les changements de regard qu'ils portent l'un sur l'autre. Sinon, l'ensemble ne peut fonctionner. Il faut dire que l'abus du ralenti et des mouvements de caméra inutiles sont largement néfastes à l'installation d'un quelconque climat.

 

Les acteurs, à commencer par Vincent Cassel et André Dussolier, font ce qu'il peuvent pour sortir leur épingle du jeu, non sans succès, d'ailleurs. Léa Seydoux, que je découvre ici, ne m'a pas particulièrement convaincue, mais il est vrai que la réalisation ne lui facilite pas la tâche. Reste une beauté formelle certaine que l'on doit surtout aux costumières, aux décorateurs et aux concepteurs d'effets spéciaux, dont le travail mérite d'être souligné.

 

Las ! A vouloir truffer son film de détails, le réalisateur nous noie dans l'insignifiant, réduisant à néant les éléments vraiment essentiels qui auraient dû porter toute cette histoire. Lorsqu'on finit par ne plus y croire, malgré toute la bonne volonté du monde, on sombre dans l'ennui, et l'ensemble paraît alors grotesque. Un vrai gâchis de moyens !

Commenter cet article