Mandela : un long chemin vers la liberté ****

Publié le 28 Novembre 2013

De Justin Chadwick

 

Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC.
Son arrestation le sépare de Winnie, l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC.
À travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement.

 

 

De A long walk to freedom, autobiographie de Nelson Mandela à la base de cette adaptation, je n'avais qu'un souvenir diffus, datant de mes années fac : celle d'un pavé de près de 900 pages. Non pas que le sujet n'était pas intéressant, mais après trois ans à étudier presque uniquement l'apartheid en civilisation de l'Afrique du Sud, j'avais un peu l'impression d'avoir fait le tour du sujet (Mais on pourra reparler de la monomanie de certains professeurs d'université une autre fois)

 

Toujours est-il que, le temps ayant passé et ma plongée dans le sujet étant, de fait, plus lointaine, j'ai saisi l'opportunité de voir ce film. Pour être tout à fait honnête, après avoir vu la première bande annonce, je m'attendais davantage à un film d'auteur, et c'est pourquoi j'ai été plutôt décontenancée durant la première demi-heure. Puis, peu à peu, j'ai réalisé qu'il s'agissait avant tout d'un film grand public, avec de vrais pics d'émotion et un message fort sans pour autant tomber dans la leçon de morale. Les performances d'Idriss Elba et de Naomie Harris sont remarquables, et, à vrai dire, quasiment taillées pour les Oscars.

 

Quant au réalisateur, il réussit à mettre en images toute une vie sans ellipses trop visibles, nous permettant de suivre l'évolution d'un homme dont le destin va épouser celui de son pays. Surtout, au-delà du personnage quasi mythique de Mandela, ce film est une vraie leçon d'histoire qui nous fait prendre conscience du moment où l'Afrique du Sud a failli basculer dans la guerre civile. Et Mandela, au-delà du symbole qu'il est devenu par son combat pour la liberté, a été avant tout l'homme qui a su éviter le pire.

 

Un film fort, mais qui cède parfois aux facilités du film "grand public". Si les violons sont parfois trop présents, le résultat est cependant bien moins manichéen et hollywoodien qu'on aurait pu le craindre, avec un personnage aussi intouchable que Mandela. La réalisation et les acteurs sont au service du sujet, sans pour autant le rendre trop lisse. Pour être tout à fait honnête, quand les lumières se sont rallumées, j'étais presque étonnée d'être dans une salle de cinéma... c'est un signe qui ne trompe pas !

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