Les garçons et Guillaume, à table ! ****

Publié le 13 Novembre 2013

De Guillaume Gallienne

 

Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t’embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

 

 

 

 

 

C'est à l'occasion de la soirée Mamie Nova fait son cinéma que j'ai eu l'occasion de découvrir le premier film de Guillaume Gallienne. A vrai dire, au départ, j'étais dubitative : j'avais entendu qu'il s'agissait d'une adaptation de sa pièce de théâtre et qu'il y jouait également le personnage de sa mère...deux bonnes raisons à priori, de craindre le pire. Non que je doute de son jeu, le fameux Gallienne n'étant rien moins que sociétaire de la Comédie Française, mais craignant justement que cette appartenance au monde du théâtre ne desserve la transposition de son spectacle au cinéma. Les artifices de ces deux arts sont profondément différents et nombreux sont ceux, même parmi les meilleurs, qui ont échoué dans leur tentative de passer de l'un à l'autre.

 

Et pourtant, dès le début, son film nous emporte dans sa folie douce, où règne la figure maternelle, omniprésente. Tout un personnage, sa mère, grande bourgeoise cachant ses émotions sous un air revêche. Elle s'anime sous nos yeux, si vivante et crédible que l'on oublie très vite que c'est Gallienne lui-même qui l'interprète.  Avec une pudeur remarquable pour un sujet profondément intime, le jeune Guillaume nous invite à découvrir ses premières amours et peines de coeur,  ses psychothérapies, ses tâtonnements, qui vont lui permettre de se construire.

 

Si l'on rit beaucoup dans ce film, ce n'est jamais méchamment, tant ses personnages sont attachants. A commencer par Guillaume lui-même, ou sa mère, aimante à sa manière, mais maladroite, ou ses tantes, sa grand-mère. Tout un univers de femmes de caractère où il s'épanouit, mais dont il adopte les codes par mimétisme, amour ou admiration. D'où le doute qui s'installe dans sa famille et dans son esprit. Dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es. C'est ainsi que se présente la recherche d'identité du personnage, parfois douloureuse et semée d'improbables embûches, jusqu'au dénouement, émouvant, où cette quête finit par lui permettre de se dissocier de sa mère.

 

Avec une grande sensibilité et beaucoup de tendresse, non cependant dénuées d'humour, l'auteur, réalisateur et acteur Guillaume Gallienne nous livre un film très personnel où ne pointe nulle trace de ressentiment, seulement la sérénité enfin trouvée, et surtout beaucoup, beaucoup d'amour.

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dasola 11/12/2013 08:03

Bonjour Akialam, j'ai trouvé que les scènes où l'on voit Gallienne dans le rôle de sa maman sont très réussies mais je ne peux pas dire que j'ai trouvé ce film réussis: c'est une suite de saynètes et pas autre chose. Il semble que le spectacle sur scène valait la peine. Bonne journée.

akialam 12/12/2013 21:43

Bonjour,
C'est vrai qu'il s'agit de saynètes, mais ça ne m'a pas gêné... les avis ne peuvent jamais être unanimes :)