Un château en Italie ****

Publié le 29 Octobre 2013

De Valeria Bruni Tedeschi

 

 

Une femme rencontre un homme. Ses rêves ressurgissent. C'est aussi l'histoire de son frère, malade, et de leur mère, d'un destin: celui d'une grande famille de la bourgeoisie industrielle italienne. L'histoire d'une famille qui se désagrège, d'un monde qui se termine, et d'un amour qui commence.

 

 

 

 

 

 

Ce cinéma, que l'on pourrait qualifier de bobo-intello - j'entends ce terme sans esprit péjoratif, étant moi-même plutôt du genre bobo à mes heures - n'est pas forcément mon préféré. Ce n'est pas tant que je ne l'aime en soi, mais plus simplement qu'il ne s'agit pas du genre de films que j'ai envie de regarder après une journée de travail. Il faut pourtant bien avouer que lorsque j'ai l'occasion d'en voir, ils ont tendance à me plaire, sauf lorsqu'il sont moralisateurs, chose que je déteste.

 

Ce film raconte, au travers de quatre saisons, le déclin d'une ancienne famille de la bourgeoisie industrielle italienne. Sans moyens suffisants pour entretenir le château qu'elle possède, encore détentrice de quelques appartements à Paris et de personnel, elle n'en est pas moins ruinée.  Alors que la mère fait face avec pragmatisme, envisageant de vendre ses biens, ou d'ouvrir le château aux visiteurs, le fils mourant refuse catégoriquement de céder une part, même symbolique, de ce qui appartient pour lui au souvenir de son père défunt. Sa soeur, quant à elle, semble indifférente à ces problématiques, elle qui attend désespérément un hypothétique enfant.

 

Certains spectateurs vont détester ces personnages, tous égoïstes à leur manière, centrés sur eux-mêmes et incapables de relations saines. Pour ma part, je les ai trouvés touchants dans leur détresse, dans leur impuissance à être heureux : ils ont pourtant tout  et ne savent pas le voir. A mon sens, la vraie réussite du film réside cependant dans sa capacité à faire jaillir le rire des situations les plus tragiques. Qu'il soit nerveux chez les personnages, ou décalé chez le spectateur, il permet au récit de ne pas plonger dans le pathos, sans pour autant  écarter l'émotion. Coup de chapeau à la bande originale également, fort sympathique.

 

Un film certes nombriliste, un peu décousu dans sa structure, pessimiste et malgré tout très drôle, qui peut emporter l'adhésion si le public accepte d'avoir pour les personnages toute la compassion dont ces derniers sont dépourvus.

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