Prisonniers du temps ***

Publié le 3 Octobre 2013

De Michael Crichton

aux éditions Pocket

 

Au beau milieu du désert d'Arizona, un couple trouve sur la route un vieil homme en robe de bure. Il n'a plus sa tête, parle sans cesse d'écume quantique et ses doigts semblent gelés. Il meurt quelques heures plus tard à l'hôpital de Gallup. On ne retrouve sur lui que le plan d'un monastère français du XIVe siècle et un objet fabriqué par la société ITC : entreprise de haute technologie spécialisée dans la recherche en physique quantique pour laquelle il travaillait.

 

 

 

J'avais entendu, il y a quelques années, des bribes de cette histoire, sans doute à l'époque où elle a été adaptée en film. C'est un réel hasard - un rythme de lecture plus élevé pendant mes vacances, suivie d'une pénurie, donc -  qui m'a poussé à aller puiser ce volume dans la PAL de M. Lalune.

 

Cet ouvrage, mêlant science-fiction et roman historique, prend, de fait,  le risque de décevoir les amateurs de l'un et l'autre genre, forcément. Côté historique, je suis un peu restée sur ma faim. Quant aux éléments d'explication scientifique (ou pseudo-scientifique, je l'ignore) sur la physique quantique, ils ne m'ont ni spécialement intéressée, ni vraiment convaincue. A vrai dire, je ne suis même pas sûre d'avoir tout compris. Les ressorts de l'intrigue, quant à eux, sont plutôt prévisibles, au point que certains éléments censés créer la surprise n'en sont pas vraiment. De plus, l'histoire souffre de trop nombreux rebondissements à mon goût, car les personnages échappent par miracle à la mort assez souvent pour en devenir lassant.

 

L'atout de cet ouvrage réside donc aileurs : dans son style, très fluide, mais surtout dans son thème central. Par essence, le voyage dans le temps , sujet qui permet de placer les personnages dans un environnement étranger, est résolument fédérateur.

 

Au final, je garde un sentiment mitigé de cet ouvrage qui se lit sans déplaisir, mais qui choisit la voie de la facilité sans savoir, selon moi, tirer pleinement parti des possibilités de son sujet.

La ville médiévale de Sarlat était particulièrement ravissante de nuit, avec ses constructions tassées les unes contre les autres et ses rues étroites sous l'éclairage au gaz diffusé par des candélabres. Marek et les étudiants de troisième cycle étaient attablés à la terrasse d'un restaurant de la rue Tourny, où ils buvaient un Cahors sous les parasols blancs.

En général, Chris adorait ces soirées, mais, cette fois, tout semblait aller de travers. Il faisait trop chaud, sa chaise était inconfortable. Il avait commandé une pintade aux cèpes, son plat préféré, mais la viande était sèche, les champignons fadasses. Même la conversation lui portait sur les nerfs. Les étudiants évoquaient le plus souvent leur journée de travail mais, ce soir là, Kate Erickson avait rencontré des amis de New York, des opérateurs boursiers en vacances avec leur petites amies. Chris les avait d'emblée trouvés antipathiques .

Les deux hommes à peine âgés de trente ans ne cessaient de se lever pour utiliser leur portable. Les femmes travaillaient dans la même agence publicitaire; elles venaient de terminer la préparation d'une grande réception pour le lancement du dernier livre de Martha Stewart. Leur air affairé, leur côté m'as-tu-vu tapèrent rapidement sur les nerfs de Chris. De plus, ces gens du monde des affaires étaient enclins à considérer les universitaires comme une race légèrement demeurée, incapable de s'adapter au monde réel. Peut-être trouvaient-ils simplement inexplicable que quelqu'un pût choisir une profession qui ne faisait pas de lui un milliardaire à l'âge de vingt-quatre ans.

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