Au bonheur des ogres ****

Publié le 26 Octobre 2013

De Nicolas Bary

 

Dans la tribu Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d’anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près, c’est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n’est jamais ennuyeuse. Mais quand les incidents surviennent partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement vital pour le héros de trouver pourquoi, comment, et surtout qui pourrait bien lui en vouloir à ce point-là ? Benjamin Malaussène va devoir mener sa propre enquête aux côtés d’une journaliste intrépide surnommée Tante Julia pour trouver des réponses.

 

 

La saga des Malaussène compte parmi mes ouvrages favoris, les très rares que j'ai lus plusieurs fois, à des époques différentes, et toujours avec autant de plaisir. C'est pourquoi j'étais  très enthousiaste à l'idée d'en voir le premier tome adapté au cinéma, et un peu inquiète également : comment rendre à l'écran toute l'absurdité loufoque de ce récit, le moment du coucher où Benjamin raconte ses histoires,  les personnages hauts en couleur ou encore le côté très glauque de la trame de fond ?

 

C'est, de façon inattendue, le d'ordinaire séduisant Raphaël Personnaz qui campe le très malchanceux Benjamin. Un rôle plutôt à contre-courant auquel il apporte une maladresse touchante. Entouré de toute une tribu d'enfants terriblement attachants, et d'une Tante Julia piquante, ce personnage de papier prend vie sous nos yeux, avec ses faiblesses, ses contradictions et son manque de bol légendaire.

 

Alors, certes, le film n'est pas aussi déjanté que l'ouvrage de Pennac, car le croustillant des dialogues ne peut se mesurer au texte original. Une évidence qui rappelle que la littérature et le cinéma sont deux arts différents où l'on ne peut jouer des mêmes artifices. Ce film n'en est pas moins une très bonne adaptation, dont la folie douce nous rend les personnages bien plus attachants que dans l'ouvrage. Une famille qu'on a hâte de retrouver dans de nouvelles aventures sur grand écran, ou, pour les plus pressés, en replongeant dans les livres.

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