20 clés pour comprendre le bouddhisme ***

Publié le 18 Juillet 2013

Ouvrage collectif

aux éditions Albin Michel

 

 

Religion, philosophie ou spiritualité, le bouddhisme sous toutes ses formes ne cesse de fasciner l’Occident. Des origines indiennes aux pratiques contemporaines en passant par les livres sacrés, les fêtes, les divinités, les symboles, la méditation ou encore la religion populaire, le présent volume fait le point sur une tradition multiple et encore méconnue.

 

 

 

 

 

 

 

J'ai reçu cet ouvrage grâce à l'opération masse critique de Babelio, en même temps que 20 clés pour comprendre le chamanisme. A vrai dire, les critiques que je formulerais à son encontre sont essentiellement les mêmes, puisque la structure repose sur les mêmes principes : il s'agit d'un ouvrage collectif où chaque article est rédigé par un spécialiste du domaine. Ainsi, me permettrez vous un trait de paresse en recopiant ici les mêmes phrases que sur l'ouvrage précédent de la même collection.

 

Tout d'abord, le titre pourrait laisser penser que cet ouvrage est d'un abord simple, et qu'il s'adresse à des gens ne connaissant rien de ce sujet. A vrai dire, je le trouve un peu trop complexe pour des débutants, car on voit bien que ces articles ont été rédigés par des spécialistes qui ont du mal à vulgariser. Tout l'enjeu de ce type d'ouvrages réside d'ailleurs là : faut-il simplifier et risquer de faire des raccourcis, ou rester le plus proche possible des connaissances scientifique, quitte à laisser dans l'esprit du lecteur une impression de flou qui va à l'encontre du but affiché de l'ouvrage ? Il n'y a pas de bonne réponse, j'imagine, à cette question...

 

La deuxième critique que je formulerais tient à sa structure : en effet, le fait de faire intervenir des spécialistes dans chaque question posée altère l'unité de l'ouvrage, et par extension, sa cohérence. En effet, au lieu d'un seul et même auteur qui suit une logique explicative de bout en bout, on se trouve face à un patchwork qui provoque explications doublées, différences de style (et donc de niveau de vulgarisation, avec l'emploi de notions dont le sens n'est pas forcément connu de tous les lecteurs). En résumé, certains articles sont plus ou moins clairs et faciles à lire que d'autres.

 

Dans les faits, certaines choses étaient très intéressantes, mais je ne suis pas sûre d'en avoir retenu grand chose, au vu de la complexité de l'ensemble, ce qui est dommage pour un ouvrage qui prétend donner des clés de compréhension.

 

Le karma du brahmanisme de l'époque védique désignait l'acte rituel faste pas lequel le brahmane participait au maintien de l'ordre cosmique ou dharma. Il est devenu dans les Upadishads l'acte qui maintient le "soi" ou atman au sein du cycle de réincarnations successives ou samsara. Teinté de valeur morale, il préside alors à la renaissance des individus dans une caste donnée; il doit être accepté et assumé, et seul un nouveau karma positif permettra d'améliorer sa condition dans la vie suivante? Se libérer du samsara, c'est s'affranchir du karma pour ne plus renaître et s'unir à l'Absolu, le Brahman.

Pour le bouddhisme, le karma est un acte intentionnel effectué sous l'influence de la croyance en un "soi" individuel, et qui vise à perpétuer ou à renforcer le sentiment égotique. A l'origine du karma, il y a donc la croyance au "moi", et derrière cela, un aveuglement qui nous voile la réalité. Ne sachant ni ce qu'il est ni la raison de ton existence, l'individu s'imagine posséder un "soi" personnel permanent. Or, celui-ci n'est qu'une projection mentale plaquée sur les phénomènes transitoires qui composent le "soi", à savoir les "cinq agrégats" : le corps, les ressentis, les représentations mentales, les facteurs karmiques antérieurs et les instances de conscience. Ces agrégats ne forment en réalité qu'un assemblage transitoire, même si nous nous efforçons à chaque instant d'en consolider ou d'en confirmer l'existence illusoire. Tout acte mental ou physique visant à ce but est donc un karma. Ces actes, même les plus infimes, affectent non seulement des objets extérieurs ou d'autres êtres autour de nous, mais également le courant de conscience qui les a vu naître. L'intention de l'acte conditionne les instants suivants de l'esprit et se comporte comme une semence des situations à venir. Plus tard, quand les conditions le permettront , l'effet de l'acte se manifestera : ce sera la rétribution ou fruit du karma, faisant écho à l'intention qui lui a donné naissance.

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